🎥 CINÉ : La Vénus Électrique
J’ai beaucoup aimé "La Vénus électrique" de Pierre Salvadori.
Il s’agit d’un réalisateur plutôt chevronné selon sa filmographie, et pourtant, c’est le premier film que je vois de lui ; et je peux vous dire que c’était un vrai poème.
À l’instar d’un Amélie Poulain, il nous fait plonger dans un Paris Carte Postale avec ce film sans âge, un petit conte de fée qui à bien des moments m’a aussi rappelé "la Venue de l’Avenir" de Klapisch avec les décors de Montmartre, un paris bohème et encore assez "rural", les jeunes artistes peintres et les jeunes modèles crève la faim, les toiles sublimes ou carrément moches, les chambres de bonne mansardées...
Le pitch :
Paris, 1928. Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, n’arrive plus à travailler depuis la mort de son épouse et désespère Armand, son galeriste. Un soir d’ivresse, Antoine tente d’entrer en contact avec sa femme par l’intermédiaire d’une voyante. Sans le savoir, il parle en réalité avec Suzanne, une modeste foraine qui s’est glissée dans la roulotte pour y voler de la nourriture. Suzanne se révèle douée pour l’imposture et, rapidement secondée par Armand, elle enchaîne les fausses séances. Peu à peu, Antoine retrouve l’inspiration, mais pour Suzanne les choses se compliquent alors qu’elle tombe doucement amoureuse de l’homme qu’elle manipule...
On suit l’histoire de cette jeune fille, (Suzanne/Claudia/autre prénom que j’ai oublié) qui travaille dans une foire aux monstres où elle anime une attraction plutôt populaire : elle est la Vénus Électrique, qui foudroie d’un baiser électrique quiconque l’embrasse.
Elle rencontre Antoine, un jeune veuf qui ne se remet pas du décès de son épouse Irène.
Suzanne a besoin d’argent pour quitter la Foire de Saint Ouen dans laquelle elle travaille, ou plutôt, est prisonnière, car il lui faut payer tout ce qu’elle doit pour retrouver sa liberté.
Ce jeune veuf qui lui file un gros billet pour qu’elle lui dise ce qu’il veut entendre, c’est une aubaine ! Bien sûr, qu’elle va le faire !
Mais à la Foire, c’est compliqué, si elle se faisait attraper ce serait terrible, alors elle lui file rendez-vous chez lui;
La première séance se passe bien. Mais en partant, elle se fait choper par l’impresario d’Antoine, qui la vire sans ménagements. Lorsqu’il retourne dans la maison du maître, il s’aperçoit que ce dernier peint à nouveau, ce qu’il n’arrivait plus à faire depuis le décès de son épouse. Il court donc après la jeune fille pour lui demander de continuer ses séances...
On assiste donc aux séances qu’elle continue à lui donner, et en parallèle on voit des flashbacks d’Antoine et d’Irène..
Bien évidemment, avec le temps, Antoine tombe amoureux de Suzanne, mais elle aussi, et c’est bien embêtant car voyez-vous, elle se retrouve empêtrée dans son mensonge...
Le centre névralgique de ce petit monde, c’est la fête foraine et son chapelet de charlatans, avec ce faux lanceur de couteaux, cette fausse voyante et fausse Vénus qui électrifie les badauds d’un baiser ; et toutes ces autres attractions, tout aussi fausses et tellement attirantes autour desquels gravite tout un petit monde, se pressant pour vibrer, frissonner ou tout simplement être consolé, et je dois dire que même si on sait que c’est du chiqué, on se trouve embarqué là -dedans avec un certain délice.
Je suis rentrée dans ce film béate, emportée par cette romance truffée d’artifices et de fariboles, emportée par les boniments, les numéros truqués saveur marshmallow et pommes sucrées, me faisant entrer dans l’envers du décor et découvrir l’intérieur de la roulotte, l’arrière de la boule de cristal et la manette d’activation électrique, mais pire, j’en demandais encore, je voulais qu’on me fasse rêver sous tous ces artifices de pacotille.
Plus qu’une ode à l’amour, ce film est une déclaration enchantée au monde de l’illusion et de l’amour, et on en redemande encore et encore, on sait bien que c’est truqué mais on est prêt à accepter tous les trucs de magiciens, les double-fonds enchanteurs et le fond du chapeau qui cache autre chose !
Les acteurs, évidemment, sont super bien choisi puisqu’on retrouve Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Vimala Pons et Gilles Lellouche, qui incarnent avec brio l’univers de la Bohème d’Aznavour !
Mention toute spéciale pour les décors et les costumes qui ont été réalisés avec un soin tout particulier.
Vraiment, un gros coup de cœur, je ne serais pas étonnée que le film soit primé aux prochains Césars !
La Vénus Électrique, de Pierre Salvadori Avec Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Vimala Pons
