Les conventions sociales : survivances d'un autre âge ?
Rapport d’observation n° 001 — Comportements collectifs et usages sociaux
Les sociétés humaines reposent sur un ensemble de règles, de gestes et de comportements qui organisent les interactions entre individus. Certaines sont formalisées, d’autres sont transmises par l’éducation ou reproduites par habitude.
Ces dernières sont particulièrement intéressantes. Elles sont souvent appliquées sans que leur origine, leur utilité ou leur pertinence soient réellement questionnées.
J’ai récemment pu observer plusieurs de ces pratiques. Certaines méritent, à mon sens, un examen plus approfondi.
1. Le contact physique comme obligation sociale
La bise, l’accolade, la poignée de main ou le baiser sur la joue sont autant de gestes utilisés pour saluer une personne ou manifester une certaine proximité. Leur particularité est qu’ils peuvent être attendus, même en l’absence de familiarité réelle entre les individus. Une personne peut ainsi être embrassée par quelqu’un qu’elle connaît à peine, simplement parce que ce geste est considéré comme une salutation ordinaire. Il est également possible de refuser ce contact. Toutefois, ce refus peut être interprété comme une marque de froideur, un affront ou un manque de politesse. Une question se pose alors : pourquoi le refus d’un contact physique peut-il être considéré comme inconvenant, alors que son initiative ne nécessite parfois aucune autorisation ?
2. La politesse et ses contradictions
La politesse semble avoir pour fonction de faciliter les relations entre individus en leur fournissant des codes communs. Cependant, certaines de ses manifestations paraissent produire l’effet inverse. On attend d’un individu qu’il accepte certains gestes pour ne pas froisser son interlocuteur, qu’il sourie pour ne pas paraître désagréable ou qu’il réponde à une formule de courtoisie même lorsqu’il n’en éprouve pas l’envie. La sincérité semble parfois moins importante que le respect de la forme. Il devient alors intéressant de se demander si la politesse sert réellement à respecter les autres ou si elle sert surtout à éviter de les contrarier.
3. Les conventions et le consentement
Une pratique répétée par une majorité finit parfois par être considérée comme naturelle. Pourtant, sa fréquence ne démontre ni son utilité ni son caractère universel. Le fait que la plupart des individus acceptent une habitude ne signifie pas que chacun doit s’y conformer. Une convention sociale devrait-elle pouvoir s’imposer à un individu simplement parce qu’elle est ancienne, répandue ou considérée comme normale ? Il semble pourtant que le respect des conventions soit parfois davantage exigé que le respect des préférences individuelles.
4. La transmission des comportements
La plupart de ces usages sont transmis dès l’enfance. On apprend à dire bonjour, à faire la bise, à sourire, à remercier, à ne pas refuser certains gestes. Ces apprentissages sont souvent présentés comme des règles élémentaires de bonne conduite. Mais leur transmission précède généralement leur compréhension. On reproduit ce que l’on a appris, puis on l’enseigne à son tour. Le comportement devient une habitude collective dont il est parfois difficile d’identifier l’origine. Combien de conventions continuent ainsi d’exister uniquement parce que personne ne prend le temps de demander pourquoi ?
Conclusion : l’ancienneté est-elle une justification suffisante ?
Les conventions sociales ont probablement une fonction : faciliter les interactions, créer des repères communs et limiter les incertitudes dans les relations humaines. Elles ne sont pas nécessairement inutiles. Toutefois, leur fonction initiale ne devrait pas les rendre intouchables. Une pratique peut avoir été pertinente dans un contexte donné et ne plus l’être dans un autre. Il serait peut-être utile de distinguer les règles qui facilitent réellement la vie collective de celles qui ne subsistent que par automatisme. Après tout, une habitude n’est pas une obligation. Et une tradition n’est pas nécessairement une bonne idée.
Question ouverte :
À partir de quel moment une convention sociale cesse-t-elle de faciliter les relations humaines pour devenir une contrainte que les individus s’imposent mutuellement ?
Un simple mot me suffit, le reste n'est que plus value (bises, signe de la main, theck etc)
Personnellement je refuse les contacts physiques, MERCI la covid d'avoir réinitialisé les pratiques dans mon environnement pro.
Et ma fille étant une enfant du Covid ( elle avait 4 ans) les germes, les contacts c'est pas son truc non plus.
Sauf si je vous aime bien.
