✈️ Spotters : ces drôles de passionnés qui passent des heures à attendre des avions ! 📸
Imaginez la scène.
Vous vous promenez tranquillement près d’un aéroport et vous apercevez plusieurs personnes derrière un grillage, parfois équipées d’énormes téléobjectifs, les yeux rivés vers le ciel.
Certaines consultent leur téléphone toutes les cinq minutes. D’autres scrutent l’horizon. Et lorsque le bruit d’un réacteur commence à se faire entendre, tout le monde semble soudainement s’agiter.
Un avion arrive !
Pour le commun des mortels, ce n’est qu’un avion parmi des centaines d’autres.
Mais pour ces passionnés, c’est peut-être celui qu’ils attendent depuis plusieurs heures.
Bienvenue dans le monde du spotting aéronautique !
Une pratique qui peut sembler étrange lorsqu’on la regarde de l’extérieur, mais qui mélange passion de l’aviation, photographie, patience et parfois une bonne dose d’obsession. 😂
✈️ Le spotting, c’est quoi exactement ?
Le spotting consiste à observer, identifier, répertorier ou photographier des avions.
Certains passionnés collectionnent les immatriculations des appareils, d’autres recherchent des modèles particuliers, des compagnies aériennes ou des livrées spéciales.

Et puis il y a ceux qui s’intéressent surtout à la photographie.
Car photographier un avion, ce n’est pas simplement pointer son appareil vers le ciel et appuyer sur le déclencheur.
Enfin, techniquement, si.
Mais obtenir une belle photographie, c’est une autre histoire !
Entre la lumière, la météo, la vitesse de l’appareil, son angle d’approche et l’environnement, les possibilités sont nombreuses.
Et les occasions ratées aussi.
Parce qu’un avion, contrairement à un mannequin, ne va pas refaire son approche simplement parce que vous avez raté votre cadrage. 😂
👦 Une passion qui remonte à l’enfance
En ce qui me concerne, mon intérêt pour les avions ne date pas d’hier.
Il remonte aux années 1990, bien avant que je commence sérieusement la photographie.
À cette époque, certains dimanches après-midi, mes parents m’emmenaient regarder les avions décoller et atterrir.
Nous allions notamment sur le toit de l’aéroport de Luxembourg ou le long des pistes de Zaventem.
C’était une sortie familiale, tout simplement.
Pas besoin d’appareil photo, de téléobjectif ou d’application pour suivre les vols.
On regardait les avions.
Et c’était déjà un spectacle.
Avec le recul, je trouve assez amusant de constater qu’une activité que je pratiquais enfant est devenue, des années plus tard, une discipline photographique que j’apprécie toujours.
Vers 2013-2015, une connaissance photographe m’a initié plus sérieusement au spotting photographique.
Nous avons notamment réalisé des sorties à Schiphol, aux Pays-Bas, et à Brussels Airport.
Aujourd’hui, je ne pratique pas le spotting toutes les semaines.
J’y consacre quelques sorties par an, lorsque l’envie me prend ou qu’une occasion intéressante se présente.
Mais le plaisir est toujours là.
📸 Photographier un avion : bien plus qu’une photo d’identité
Ce qui me plaît particulièrement dans le spotting, ce sont les défis photographiques.
Photographier un avion qui décolle ou atterrit, c’est une chose.
Mais réussir à intégrer un élément particulier dans sa composition, c’en est une autre.
Par exemple, avoir un avion avec l’Atomium en arrière-plan, ou encore réussir à placer la tour de contrôle dans le cadrage.

Ce sont des petits challenges que je me fixe.

J’aime également photographier les livrées spéciales de certaines compagnies aériennes.
Ces avions qui, au lieu de porter simplement les couleurs habituelles de leur compagnie, arborent une décoration particulière.
Et puis il y a les petits détails.
Réussir à immortaliser le nuage de fumée produit par les pneus au moment où ils touchent la piste, par exemple.
Cela ne dure qu’un instant.
Il faut anticiper, suivre l’appareil et déclencher au bon moment.
On peut également jouer avec les perspectives, notamment lorsqu’un énorme avion se retrouve visuellement à côté d’un appareil beaucoup plus petit.
Personnellement, je n’ai pas encore eu l’occasion de photographier beaucoup d’avions particulièrement rares.
Mais finalement, ce n’est pas indispensable pour prendre du plaisir.
Même un avion que l’on voit tous les jours peut donner une photographie intéressante si l’on trouve le bon angle, la bonne lumière ou le bon moment.
📱 Une sortie spotting, ça se prépare !
Contrairement à ce que certains pourraient penser, je ne pars pas simplement à l’aéroport en espérant qu’un avion passe.
Enfin… pas toujours ! 😂
Lorsque je prévois une sortie à Zaventem, je commence généralement par consulter le site de skeyes, anciennement Belgocontrol, pour connaître les pistes utilisées.
Selon les conditions, je vais privilégier certains secteurs autour des pistes 01/19 ou 25L/07R.

Comme nous pouvons le voir sur cette capture, pistes en usage sont ;
Pour les départ, la 25R (il est plus difficile de faire des photos de cette piste) Pour les arrivées, la 25L et 25R.
Le choix de l’emplacement est important.
Il dépend notamment du vent, des pistes actives et du type de photographie que je souhaite réaliser.
Ensuite, je consulte les arrivées et les départs annoncés sur le site de l’aéroport.
Cela me permet de repérer certains appareils qui pourraient m’intéresser.
Il m’arrive même de photographier un avion à son atterrissage, puis de le retrouver deux ou trois heures plus tard pour son décollage.
Entre les deux, je surveille régulièrement Flightradar24.
Cette application permet de suivre la position de nombreux avions en temps réel.
Autrement dit, pendant que certains regardent les résultats du football, moi, il m’arrive de suivre un avion qui traverse l’Europe. 😂
Et une fois sur place ?
Il faut attendre.
Parfois longtemps.
Plusieurs heures ne sont pas inhabituelles.
Mais cela fait partie du jeu.
🔭 Un téléobjectif, de la patience et quelques obstacles
Pour mes sorties spotting, j’utilise principalement deux objectifs :
- Un 70-200 mm.
- Un 200-600 mm.
Le choix dépend de l’emplacement, de la distance des avions et du type de photographie recherché.
Mais avoir un gros téléobjectif ne résout pas tout.
Il faut aussi composer avec les grillages, les obstacles, la lumière et les autres personnes présentes.
Parce que les abords d’un aéroport ne sont pas réservés aux photographes !
On y croise également des familles venues admirer les avions, des curieux et parfois de nombreux autres spotters.
Et évidemment, lorsque l’on a trouvé le cadrage idéal, il suffit parfois qu’une personne se place juste devant soi pour transformer une belle photographie d’avion en magnifique portrait de l’arrière d’une tête. 😂
Le spotting demande donc autant de patience que de capacité d’adaptation.
🇳🇱 Pourquoi les Pays-Bas semblent-ils avoir une autre culture du spotting ?
Lors de mes sorties à Schiphol, j’ai découvert une approche un peu différente.
Aux Pays-Bas, certains emplacements sont spécialement aménagés pour permettre au public et aux passionnés d’observer les avions.
La pratique y est particulièrement visible.
Cela donne parfois l’impression que le spotting fait davantage partie de la culture locale.
En Belgique, il existe également des emplacements dédiés autour de Brussels Airport, mais les possibilités et les conditions d’observation varient selon les secteurs.
Et c’est un aspect intéressant du spotting : deux aéroports peuvent offrir des expériences photographiques complètement différentes.
Il ne suffit pas de connaître les avions.
Il faut aussi apprendre à connaître les lieux.
Et respecter les règles de sécurité, les clôtures et les zones interdites.
Car une photographie, aussi belle soit-elle, ne justifie jamais de pénétrer dans un secteur auquel on n’a pas accès.
🏆 Quand la passion vous emmène sur les pistes
Parmi mes souvenirs de spotting, il y a une expérience particulièrement marquante.
J’ai eu la chance de remporter une sélection dans le cadre d’un concours permettant de participer à un Spotter Day à Brussels Airport.
L’occasion de pouvoir photographier les avions depuis des endroits normalement inaccessibles au public, dans un cadre organisé et autorisé.
Pour un passionné de photographie aéronautique, c’est évidemment une belle opportunité.
J’ai même été interviewé par la presse à l’occasion de cette sélection.
Comme quoi, passer du temps à photographier des avions peut parfois vous ouvrir des portes auxquelles vous ne vous attendiez pas !

Et quand on pense qu’à l’origine, tout a commencé par des sorties dominicales avec mes parents pour regarder décoller des avions…
Il y a quelque chose d’assez sympathique dans cette évolution.
🤔 Mais qu’est-ce qu’ils peuvent bien trouver à ces avions ?
C’est une question que certains photographes eux-mêmes se posent.
J’ai déjà eu des remarques de personnes qui ne comprenaient pas vraiment mon intérêt pour cette discipline.
Mais cela ne me dérange pas particulièrement.
Après tout, pourquoi faudrait-il absolument que tout le monde comprenne nos passions ?
Certains passent des heures à attendre un oiseau dans un affût.
D’autres photographient des trains, des voitures anciennes, des insectes ou des bâtiments abandonnés.
Certains collectionnent les timbres.
D’autres les immatriculations d’avions.
À partir de quand une passion devient-elle étrange ? Simplement lorsqu’elle ne correspond pas à nos propres centres d’intérêt ?
Je trouve d’ailleurs qu’il existe pas mal de similitudes entre le spotting aéronautique et la photographie animalière.
Dans les deux cas, il faut connaître son sujet, anticiper ses déplacements, choisir son emplacement et parfois attendre longtemps pour quelques secondes d’action.
La principale différence, c’est qu’un Airbus A350 est généralement un peu plus facile à repérer qu’un martin-pêcheur caché dans les branches. 😂
Quoique…
🌍 Et pourquoi ne pas aller voir plus loin ?
J’aimerais notamment avoir l’occasion de photographier un Airbus Beluga, cet avion de transport à la silhouette si particulière.
Et pourquoi pas découvrir d’autres grands aéroports à l’étranger ?
Chaque lieu possède ses propres particularités, son trafic et ses possibilités photographiques.
Mais voyager pour faire du spotting demande également de se renseigner sur les règles locales.
Dans certains pays, les photographies aux abords des aéroports peuvent être soumises à des restrictions ou à des autorisations particulières.
En France, par exemple, certaines zones autour des plateformes aéroportuaires font l’objet de réglementations préfectorales spécifiques.
Il vaut donc mieux vérifier les règles applicables avant de sortir son téléobjectif, plutôt que de découvrir les restrictions au moment où l’on commence à photographier.
❤️ Une passion qui ne s’explique pas toujours
Finalement, je crois que le spotting illustre assez bien ce que représente une passion.
Vu de l’extérieur, cela peut sembler complètement inutile.
Passer plusieurs heures près d’un aéroport pour photographier des avions qui, pour la plupart, se ressemblent aux yeux du grand public…
Pourquoi faire ?
Mais la photographie n’a pas toujours besoin d’être utile.
Elle peut simplement procurer du plaisir.
Le plaisir d’attendre.
D’observer.
De réussir une image que l’on avait imaginée.
De découvrir quelque chose de nouveau.
Ou simplement de passer quelques heures à faire une activité que l’on apprécie.
Et au fond, est-ce qu’une passion doit nécessairement être comprise par les autres pour avoir de la valeur ?
Je ne pense pas.
Parce que si l’on devait uniquement pratiquer des activités que tout le monde comprend, nos vies seraient probablement beaucoup moins intéressantes.
Et puis, entre nous…
Il y a quand même pire que de passer un dimanche après-midi à regarder des avions ! 😂
💬 Et vous ?
Avez-vous déjà pratiqué le spotting, ou simplement passé du temps à regarder décoller et atterrir des avions ?
Comprenez-vous que certaines personnes puissent consacrer plusieurs heures à attendre un appareil particulier, ou trouvez-vous cette passion un peu étrange ?
Et plus largement :
Pourquoi certaines passions nous semblent-elles fascinantes, alors que d’autres nous paraissent complètement absurdes ?
Est-ce vraiment l’activité qui est bizarre… ou simplement notre regard sur ceux qui la pratiquent ?
Et si vous deviez passer quatre heures derrière le grillage d’un aéroport pour photographier un seul avion, vous tenteriez l’expérience… ou vous préféreriez directement monter dedans pour partir en vacances ? ✈️😂
Du coup, j'ai pas mal de photos qui trainent, surtout quand je passe dans un aéroport.
J'ai notamment pris l'un de nos A400M au tout début de leur entrée en service en Belgique, côté Cargo de Zaventem.
J'ai aussi une photo du OO-SNC (aujourd'hui retiré de la flotte Brussels Airlines) en livrée Magritte sur le tarmac de LGG. Il va falloir que je fouille dans mes disques dur par contre.
perso ça ne m'intéresse pas vraiment, mais j'ai un ami passionné par flight-radar. C'est un papy de 85 ans, tout fier car il a un accès "pro" permanent gratuit car il a beaucoup aidé le site dans sa conception, les données, etc... :D
Des avions de Brussel Airlines à LGG, plutôt rare ça !
@Draziel, non pas hors sujet, Flight radar y'a plien de gens qui l'utilise pour suivre les avions mais pas que... Je l'utilise aussi pour savoir quel hélicoptère survole des fois ma région.
D'ailleurs pour le retour j'ai eu l'un des premiers vols revenant sur Zaventem, l'ambiance du terminal était loin de l'animation habituelle...
Ouais je veux bien croire que les premiers vols après les attentat ont été particulier.
