Pourquoi je suis partisan d'un bilan psy au moins une fois dans sa vie
Ou pourquoi attendre que le cerveau affiche « Erreur Système » avant de vérifier ce qui se passe à l’intérieur ?
Nous faisons contrôler notre vue, nos dents, notre audition et parfois même notre voiture avec une régularité presque religieuse.
Nous acceptons assez facilement l’idée qu’un contrôle technique puisse prévenir une panne, mais lorsqu’il s’agit de notre fonctionnement cognitif, émotionnel ou psychologique, nous avons encore tendance à attendre que quelque chose dysfonctionne sérieusement avant de nous poser des questions. Et c’est précisément ce qui m’interroge !
Pourquoi attendons-nous qu’un enfant soit en échec scolaire pour explorer son fonctionnement cognitif ?
Pourquoi attendons-nous qu’un adolescent soit en souffrance pour nous intéresser à ses mécanismes émotionnels ?
Pourquoi attendons-nous qu’un adulte soit épuisé, anxieux ou complètement perdu pour lui proposer de mieux comprendre son fonctionnement ?
Je suis partisan de l’idée qu’au moins une fois pendant la scolarité, puis au moins une fois dans la vie adulte, chacun devrait pouvoir bénéficier d’un temps de bilan adapté à ses besoins.
Pas nécessairement pour rechercher un trouble.
Pas pour distribuer des diagnostics comme des cartes Pokémon.
Mais simplement pour mieux comprendre comment nous fonctionnons.
Et, accessoirement, éviter de découvrir à 38 ans que certaines difficultés présentes depuis l’enfance avaient peut-être une explication.
Un bilan, ce n’est pas forcément chercher ce qui ne va pas
C’est probablement l’une des premières idées reçues à déconstruire.
Lorsqu’on parle de bilan psychologique, cognitif ou thérapeutique, certaines personnes imaginent immédiatement qu’il faut nécessairement présenter un problème.
Comme si consulter pour mieux comprendre son fonctionnement revenait à reconnaître que quelque chose était défectueux.
Pourtant, un bilan peut aussi permettre d’identifier des ressources, des compétences, des particularités et des stratégies déjà présentes.
Il peut notamment explorer, selon sa nature :
- Le fonctionnement attentionnel.
- Certaines capacités de mémoire.
- Le raisonnement et les compétences cognitives.
- La vitesse de traitement de l’information.
- Les fonctions exécutives.
- Les stratégies d’apprentissage.
- La régulation émotionnelle.
- Les manifestations anxieuses.
- L’estime de soi.
- Les difficultés relationnelles.
- Les mécanismes d’adaptation face au stress.
Évidemment, tous les bilans n’explorent pas tous ces domaines.
Un bilan psychométrique, un bilan neuropsychologique, un bilan psychopédagogique et une évaluation clinique thérapeutique ne poursuivent pas exactement les mêmes objectifs.
Et ils ne sont pas interchangeables.
L’intérêt n’est pas de tout tester chez tout le monde, mais de savoir quelles dimensions méritent d’être explorées.
Parce qu’il est parfois plus utile de comprendre comment une personne fonctionne que de lui répéter pendant quinze ans qu’elle devrait simplement faire davantage d’efforts.
Pendant la scolarité : arrêter de confondre difficulté et mauvaise volonté
C’est probablement l’un des domaines dans lesquels les bilans peuvent avoir une utilité considérable.
Prenons un enfant qui met beaucoup de temps à terminer ses exercices.
Il comprend les consignes.
Il connaît ses leçons.
Il semble maîtriser les notions.
Mais il termine systématiquement après les autres.
Que risque-t-on de lui dire ?
> « Dépêche-toi ! » > > « Tu es encore dans la lune ! » > > « Tu pourrais faire un effort ! »
Et si cet enfant présentait simplement une vitesse de traitement plus lente ?
Et si ses difficultés étaient liées à des fragilités attentionnelles, à une surcharge cognitive ou à des difficultés d’organisation ?
Et si, au lieu de le pousser à accélérer, nous cherchions à comprendre pourquoi il a besoin de davantage de temps ?
Un bilan adapté pourrait permettre d’objectiver certaines difficultés et de mieux identifier les besoins de l’enfant.
Un enfant qui met plus de temps à réaliser une tâche n’est pas nécessairement un enfant qui ne travaille pas suffisamment.
Et cette nuance peut changer considérablement son parcours scolaire.
Le problème des difficultés qui passent sous les radars
Nous avons parfois tendance à repérer les enfants qui perturbent, qui échouent ou qui expriment clairement leur souffrance.
Mais qu’en est-il des autres ?
De l’élève qui obtient de bonnes notes, mais qui travaille trois heures chaque soir pour y parvenir ?
De celui qui compense ses difficultés attentionnelles grâce à d’excellentes capacités de raisonnement ?
De l’enfant anxieux qui ne dérange jamais personne ?
De l’adolescent qui semble parfaitement autonome, mais qui s’effondre émotionnellement dès qu’il rentre chez lui ?
Ces profils peuvent passer relativement inaperçus.
Parce que les résultats scolaires ne reflètent pas toujours le coût cognitif et émotionnel nécessaire pour les obtenir.
Réussir ne signifie pas nécessairement réussir sans difficulté.
Certains élèves développent des stratégies de compensation particulièrement efficaces.
Mais ces stratégies peuvent devenir coûteuses lorsque les exigences scolaires augmentent.
Un fonctionnement qui semblait parfaitement adapté en primaire peut devenir plus difficile à maintenir au collège ou au lycée.
Et c’est parfois à ce moment-là que les premières difficultés deviennent visibles.
D’où l’intérêt d’une démarche préventive et d’une attention portée au fonctionnement global de l’élève, même lorsque ses résultats semblent satisfaisants.
Le bilan n’est pas un diagnostic, mais il peut ouvrir la bonne porte
C’est une distinction essentielle.
Un bilan ne conduit pas automatiquement à un diagnostic.
Et tous les professionnels ne sont pas habilités à poser tous les diagnostics.
Un bilan peut toutefois permettre de repérer des signes, de formuler des hypothèses cliniques et d’orienter vers les professionnels compétents.
Par exemple, certaines observations peuvent conduire à explorer :
- Un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).
- Un trouble spécifique des apprentissages.
- Un trouble du spectre de l’autisme (TSA).
- Un trouble anxieux.
- Certaines difficultés exécutives.
- Des difficultés émotionnelles ou comportementales nécessitant une évaluation complémentaire.
Le bilan constitue alors une étape dans une démarche plus large.
Et lorsqu’un diagnostic est pertinent et confirmé, il peut faciliter l’accès à des accompagnements, des soins ou des aménagements adaptés.
Selon les situations, cela peut concerner le temps supplémentaire, l’adaptation des consignes, l’organisation du travail, les outils de compensation ou encore les dispositifs scolaires existants.
Bien entendu, certains aménagements peuvent être mis en place sans attendre un diagnostic formel.
Mais disposer d’une évaluation suffisamment précise permet souvent de mieux comprendre les besoins réels.
L’objectif n’est pas de coller une étiquette sur un enfant. C’est d’éviter qu’il passe toute sa scolarité avec une étiquette erronée.
« Paresseux ».
« Distrait ».
« Insolent ».
« Pas motivé ».
« Trop sensible ».
Ces mots peuvent laisser des traces.
Et parfois, comprendre suffisamment tôt permet d’éviter que des difficultés cognitives ou émotionnelles se transforment progressivement en difficultés d’estime de soi.
Et les adultes, dans tout ça ?
Parce que, malheureusement, nous ne devenons pas automatiquement des experts de notre propre fonctionnement le jour de nos 18 ans.
Ce serait pratique.
Une petite mise à jour du cerveau, un téléchargement des compétences émotionnelles, et hop : adulte fonctionnel.
Mais non.
Nous arrivons parfois dans la vie adulte avec des croyances, des habitudes, des stratégies d’adaptation et des difficultés que nous n’avons jamais réellement questionnées.
Nous pouvons passer des années à nous décrire comme :
> « Je suis quelqu’un de très anxieux. » > > « Je suis incapable de m’organiser. » > > « Je suis trop sensible. » > > « Je n’arrive jamais à maintenir mes relations. » > > « Je réfléchis beaucoup trop. » > > « Je fonctionne comme ça, c’est tout. »
Et si certaines de ces caractéristiques méritaient simplement d’être explorées ?
Pas nécessairement pour découvrir un trouble.
Mais pour comprendre ce qui relève de notre tempérament, de nos apprentissages, de nos expériences de vie ou de difficultés qui pourraient bénéficier d’un accompagnement.
Un bilan thérapeutique peut notamment permettre de faire le point sur notre fonctionnement émotionnel, nos relations, nos mécanismes de défense et nos stratégies face aux difficultés.
Il peut aussi aider à identifier des schémas répétitifs.
Pourquoi est-ce que je reproduis certaines situations ?
Pourquoi ai-je autant de difficultés à poser des limites ?
Pourquoi est-ce que je culpabilise dès que je prends du temps pour moi ?
Pourquoi ai-je constamment besoin de contrôler ?
Pourquoi est-ce que je ressens certaines émotions avec une intensité qui me dépasse ?
Autant de questions qui peuvent mériter un espace d’exploration.
Et si nous tordions un peu l’éponge émotionnelle ?
J’aime beaucoup cette image.
Imaginez une éponge.
Au fil des années, elle absorbe.
Les contrariétés.
Les frustrations.
Les déceptions.
Les conflits.
Les deuils.
Les responsabilités.
Les attentes des autres.
Les petites blessures que l’on minimise parce que, finalement, « ce n’est pas si grave ».
Et puis nous continuons.
Parce qu’il faut travailler.
Parce qu’il faut gérer le quotidien.
Parce qu’il faut être disponible.
Parce que nous avons appris à tenir.
Sauf qu’à force d’absorber, l’éponge finit parfois par être saturée.
Et il suffit alors d’une contrariété supplémentaire pour que tout déborde.
C’est là qu’un espace thérapeutique peut devenir intéressant.
Non pas parce que nous serions incapables de gérer notre vie.
Mais parce qu’il peut être utile de déposer, d’organiser et de comprendre ce que nous portons depuis longtemps.
Tordre l’éponge émotionnelle, ce n’est pas effacer ce que nous avons vécu. C’est apprendre à ne plus tout porter de la même manière.
Et contrairement à une idée encore répandue, il n’est pas nécessaire d’être au bord de l’effondrement pour entreprendre cette démarche.
Nous pouvons aussi consulter lorsque tout semble relativement bien aller.
Pour mieux nous connaître.
Pour identifier nos fragilités.
Pour consolider nos ressources.
Pour comprendre certains fonctionnements relationnels.
Ou simplement pour prendre un temps de recul.
Après tout, nous n’attendons pas systématiquement d’avoir une carie douloureuse pour consulter un dentiste.
Pourquoi devrions-nous attendre une souffrance psychologique importante pour nous intéresser à notre santé mentale ?
Un bilan peut aussi éviter de passer des années à se tromper de problème
Imaginons une personne qui rencontre des difficultés importantes d’organisation.
Elle oublie régulièrement ses rendez-vous.
Elle procrastine.
Elle commence plusieurs tâches sans les terminer.
Depuis des années, elle se répète :
> « Je suis incapable de faire preuve de discipline. »
Elle multiplie les agendas, les applications, les listes et les bonnes résolutions.
Chaque échec renforce son sentiment d’incompétence.
Pourtant, une évaluation adaptée pourrait éventuellement mettre en évidence des difficultés attentionnelles ou exécutives nécessitant une exploration complémentaire.
Cela ne signifie pas automatiquement qu’elle présente un TDAH.
D’autres facteurs, comme le sommeil, l’anxiété, la dépression ou la surcharge mentale, peuvent également affecter ces fonctions.
Mais cela permet de sortir d’une interprétation uniquement morale de ses difficultés.
Comprendre un fonctionnement permet parfois de remplacer la culpabilité par des stratégies adaptées.
Et ce changement peut être considérable.
Parce que nous ne cherchons plus à corriger un prétendu défaut de personnalité.
Nous cherchons à comprendre une difficulté et à identifier les moyens d’y répondre.
Attention, je ne propose pas de transformer tout le monde en patient
Je préfère préciser ce point avant que quelqu’un imagine déjà un contrôle technique psychologique obligatoire à chaque anniversaire.
Avec, pourquoi pas, une contre-visite si vous avez pleuré devant un film Disney.
Non.
L’idée n’est pas de médicaliser systématiquement les comportements humains.
Être distrait ne signifie pas nécessairement avoir un TDAH.
Être réservé ne signifie pas présenter un TSA.
Être triste ne signifie pas souffrir de dépression.
Être perfectionniste ne signifie pas présenter un trouble psychologique.
Et rencontrer des difficultés scolaires ne signifie pas nécessairement présenter un trouble des apprentissages.
Toutes les particularités humaines ne sont pas des symptômes.
De même, je ne prétends pas qu’un bilan complet devrait être imposé à chaque enfant ou à chaque adulte.
Un bilan approfondi doit répondre à une question pertinente, utiliser des outils adaptés et tenir compte de la situation individuelle.
En l’absence de difficultés ou de signes d’alerte, un entretien de repérage ou un temps de réflexion peut être plus approprié qu’une batterie de tests.
Il faut également tenir compte du coût, de l’accessibilité et des limites des évaluations.
Un résultat ne doit jamais être interprété isolément, sans contexte clinique, développemental ou environnemental.
Ce que je défends, c’est avant tout la possibilité de mieux se connaître avant que les difficultés ne deviennent envahissantes.
Un peu de psychoéducation : comment savoir si un bilan pourrait être utile ?
Il n’existe pas de questionnaire universel permettant de déterminer, à lui seul, si une personne doit réaliser un bilan.
En revanche, certaines questions peuvent nous aider à réfléchir.
Pour un enfant ou un adolescent
- Ses résultats scolaires reflètent-ils réellement les efforts qu’il fournit ?
- Certaines tâches lui demandent-elles beaucoup plus d’énergie qu’à ses camarades ?
- Présente-t-il des difficultés persistantes d’attention, de mémoire ou d’organisation ?
- Existe-t-il un décalage important entre ses compétences et ses performances ?
- Son estime de lui-même semble-t-elle affectée par sa scolarité ?
- Manifeste-t-il une anxiété importante face aux apprentissages ou aux évaluations ?
- Ses difficultés sont-elles observées dans plusieurs contextes ?
- Les adaptations déjà proposées semblent-elles insuffisantes ?
Une réponse positive ne signifie pas automatiquement qu’un trouble est présent.
Mais des difficultés persistantes, répétées ou ayant un retentissement important peuvent justifier une discussion avec un professionnel compétent.
Pour un adulte
- Ai-je l’impression de reproduire régulièrement les mêmes difficultés ?
- Certaines situations déclenchent-elles chez moi des réactions émotionnelles difficiles à comprendre ?
- Ai-je développé des stratégies de compensation particulièrement épuisantes ?
- Est-ce que je me sens souvent en décalage avec mon environnement ?
- Ai-je tendance à attribuer mes difficultés à un manque de volonté ?
- Certaines expériences anciennes continuent-elles à influencer fortement mon quotidien ?
- Ai-je suffisamment d’espace pour exprimer et comprendre mes émotions ?
- Est-ce que je connais réellement mes ressources et mes limites ?
Ces questions ne constituent pas un outil diagnostique.
Elles peuvent simplement ouvrir une réflexion sur l’intérêt d’un accompagnement ou d’une évaluation.
Comprendre tôt, c’est parfois éviter de réparer tard
Je crois profondément à l’intérêt de la prévention.
Non pas parce qu’elle permettrait d’éviter toutes les difficultés.
Ce serait évidemment irréaliste.
Mais parce qu’une meilleure compréhension de soi peut permettre d’agir plus tôt, avec des stratégies plus adaptées.
Un enfant qui comprend son fonctionnement peut apprendre à développer des méthodes d’apprentissage cohérentes avec ses besoins.
Un adolescent qui identifie ses difficultés émotionnelles peut apprendre à mieux les réguler.
Un adulte qui comprend ses mécanismes répétitifs peut commencer à modifier certaines habitudes devenues coûteuses.
Et une personne qui découvre qu’elle dispose de ressources qu’elle sous-estimait peut également développer un regard plus nuancé sur elle-même.
Un bilan pertinent ne devrait pas uniquement nous dire ce qui est difficile. Il devrait aussi nous aider à comprendre ce qui fonctionne et comment nous pouvons nous appuyer dessus.
C’est probablement ce que je trouve le plus intéressant dans cette démarche.
Il ne s’agit pas de chercher des anomalies partout.
Il s’agit de mieux comprendre la personne dans sa globalité.
Et si mieux se connaître devenait une démarche ordinaire ?
Nous passons une grande partie de notre existence à apprendre.
Nous apprenons à lire.
À écrire.
À calculer.
À travailler.
À respecter des règles.
À répondre aux attentes sociales.
Mais nous consacrons parfois étonnamment peu de temps à comprendre notre propre fonctionnement.
Comment apprenons-nous ?
Comment réagissons-nous au stress ?
Pourquoi certaines situations nous blessent-elles davantage que d’autres ?
Quelles sont nos ressources ?
Quelles sont nos limites ?
Quels mécanismes avons-nous développés pour nous adapter ?
Et surtout, ces mécanismes nous sont-ils encore utiles aujourd’hui ?
C’est pour toutes ces raisons que je suis favorable à l’idée de proposer, au moins une fois au cours de la scolarité et une fois dans la vie adulte, une véritable occasion de faire le point sur son fonctionnement cognitif, émotionnel ou psychologique.
Pas forcément un bilan standardisé complet.
Pas nécessairement une démarche diagnostique.
Mais un espace d’évaluation, de compréhension et, lorsque cela est nécessaire, d’orientation.
Parce qu’un diagnostic pertinent peut ouvrir des portes.
Parce qu’un aménagement précoce peut modifier une trajectoire scolaire.
Parce qu’une difficulté comprise peut devenir plus facile à accompagner.
Et parce que prendre soin de son fonctionnement psychologique ne devrait pas être réservé aux moments où tout s’effondre.
Nous n’avons pas besoin d’attendre d’aller mal pour apprendre à mieux fonctionner.
Et si, au passage, nous pouvons tordre un peu cette fameuse éponge émotionnelle avant qu’elle ne dégouline sur tout le monde, ce n’est peut-être pas une si mauvaise idée.
Et vous ?
Avez-vous déjà réalisé un bilan cognitif, psychologique ou thérapeutique qui vous a permis de mieux comprendre votre fonctionnement ?
Pensez-vous qu’une démarche de prévention psychologique devrait être davantage proposée pendant la scolarité et à l’âge adulte ?
Ou faites-vous partie de ceux qui attendent encore que leur cerveau demande officiellement un congé maladie ?
