đŸ©·Octobre Rose - Les mots doux ont-ils un bouton "Mode Doux"

Un article de Fantomas-2
Publié le 13/10/2026
Dans la section #Mot
Article public d'intéret général
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Conforme ou séditieux?

Une petite étude lexicale de la Citoyenne Chromatique.

Citoyens !

Dans le cadre de mes recherches sur les nuances de rose, je me suis intéressée à un phénomÚne linguistique particuliÚrement curieux : notre formidable capacité à rendre les choses moins terribles en changeant simplement les mots qui les désignent.

On ne dit pas toujours qu’on a peur. On est un peu inquiet.

On ne dit pas qu’on va mal. On traverse une pĂ©riode compliquĂ©e.

On ne dit pas qu’on souffre. On a quelques petits dĂ©sagrĂ©ments.

Et le cancer ? Il devient parfois une mauvaise nouvelle, une épreuve, voire un combat.

C’est remarquable ! Le malheur est toujours lĂ , mais il a enfilĂ© une tenue plus convenable pour recevoir de la visite.

🎀 LE PETIT LEXIQUE DES GRANDES ATTÉNUATIONS

— « Ce n’est rien » : formulation gĂ©nĂ©ralement prononcĂ©e par une personne qui ne souffre pas.

— « Il faut rester positif » : injonction dont l’efficacitĂ© sur les cellules malades reste Ă  dĂ©montrer.

— « Tout va bien se passer » : prĂ©diction rassurante, souvent Ă©mise sans accĂšs au dossier mĂ©dical.

— « C’est un battant » : compliment qui peut involontairement transformer la maladie en compĂ©tition et la fatigue en faute personnelle.

— « Au moins
 » : dĂ©but de phrase annonçant gĂ©nĂ©ralement une tentative de trouver un avantage Ă  une situation qui n’en demandait pas tant.

Bien entendu, les mots doux peuvent aider. L’humour aussi. Les mĂ©taphores peuvent donner du courage, et certaines personnes trouvent une vraie force dans l’idĂ©e de se battre.

Mais il existe une différence entre choisir ses propres mots pour traverser une épreuve et recevoir ceux des autres comme une consigne supplémentaire.

Car tout le monde n’a pas envie d’ĂȘtre courageux. Tout le monde n’a pas envie de se battre. Et personne ne devrait avoir Ă  rassurer son entourage pendant qu’il essaie simplement de tenir debout.

Un malheur n’a pas besoin d’ĂȘtre joliment formulĂ© pour ĂȘtre entendu.

Alors, Ă  l’occasion d’Octobre Rose, je vous propose une petite expĂ©rience : observons les mots que nous employons face Ă  la maladie, Ă  la douleur ou au chagrin.

Lesquels rĂ©confortent vraiment ? Lesquels nous permettent surtout de ne pas savoir quoi rĂ©pondre ? Et lesquels, sous leurs airs bienveillants, finissent par interdire Ă  quelqu’un de dire que ça va mal ?

Vous pouvez partager une expression qui vous a aidĂ©, une autre qui vous a agacĂ©, ou simplement un mot que vous aimeriez qu’on cesse d’utiliser Ă  votre place.

Pas besoin de trouver la formule parfaite. Pas besoin de terminer sur une note positive. Pas besoin non plus de raconter ce que vous préférez garder pour vous.

La Citoyenne Chromatique referme son carnet.

AprĂšs vĂ©rification auprĂšs du DĂ©partement de Psychologie Chromatique, il semblerait qu’aucun mot ne permette de supprimer un malheur par simple substitution lexicale.

Le Département étudie néanmoins la possibilité de remplacer « souffrance » par « inconfort prolongé ».

Les premiers résultats sont sans appel : le formulaire est plus agréable à lire.

3 commentaires
Un Intrus
()
« C’est dans la tĂȘte » ou « C’est nerveux » 
 quelle horreur đŸ˜«
Un gars
()
J'ai eu mon lot...

Ce que je trouve le pire c'est quand c'est à moi de rassurer mon entourage sur ce qu'il m'arrive , comme si, si je disais "ça ne va pas" ils allaient s’effondrer...

Je me retrouve Ă  dire des trucs comme "t'inquiĂštes je vais bien".
Bidule
()
Le Service des Activités Récréatives Obligatoires préconise en toute circonstance stressante : la cohérence cardiaque avec des pigeons.
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