📸 Changer de marque peut-il réellement changer notre photographie ?
Sony, Nikon, Canon, Fujifilm… Il suffit parfois de mettre plusieurs photographes autour d’une table pour voir apparaître l’éternel débat des marques.
Chacun défend son matériel, ses habitudes et parfois sa marque comme il défendrait son équipe de foot.
Mais derrière cette petite guerre de chapelles se cache une vraie question : changer de marque peut-il réellement changer notre manière de photographier ?
Pour ma part, j’ai connu plusieurs changements de matériel et, avec le recul, je pense que la réponse est plus complexe qu’un simple oui ou non.
Mes débuts chez Sony
J’ai commencé la photographie avec Sony et je suis resté chez la marque pendant plus de six ans.
Pourquoi Sony ?
À l’époque, mon choix n’était pas basé sur des dizaines de comparatifs techniques. Pour moi, Sony était déjà une marque réputée et le vendeur me conseillait également cette marque.
Tout simplement.
J’étais encore novice dans la photographie. Je découvrais les réglages, les différentes techniques et surtout, j’apprenais progressivement à construire une image.
Avec le temps, j’ai commencé à davantage me former et à mieux comprendre mes besoins. En cherchant notamment du matériel et des objectifs de marques tierces compatibles avec Sony, je trouvais à l’époque l’offre relativement limitée.
En parallèle, je rencontrais de plus en plus de photographes travaillant avec Canon ou Nikon.
L’idée de changer de marque a commencé à germer.
Le passage chez Nikon… et la perte de mes repères
Je suis finalement passé chez Nikon avec un D3200.
Et là , soyons clairs : j’étais perdu !
Il m’a fallu plusieurs semaines pour réellement me familiariser avec le boîtier. Les boutons, les menus, l’ergonomie… Mes habitudes acquises pendant plusieurs années chez Sony ne me servaient plus à grand-chose.
Je devais presque réapprendre à utiliser mon appareil.
Mais progressivement, quelque chose a changé.
Des personnes qui suivaient mon travail ont commencé à remarquer une évolution dans mes photographies.
De mon côté, je recherchais davantage la construction de l’image. Je faisais plus attention à la lumière et je maîtrisais plus facilement mes prises de vue.
Mais était-ce réellement grâce à Nikon ?
Je ne le pense pas entièrement.
À cette période, je me formais davantage. Je pratiquais, j’apprenais et mon regard évoluait.
Et c’est peut-être là toute la difficulté lorsque l’on compare du matériel : nous changeons parfois de boîtier au moment même où nous évoluons nous-mêmes en tant que photographes.
Du D3200 au D610 : le passage au plein format
Avec le temps, j’ai eu envie d’aller plus loin et surtout de passer d’un capteur APS-C au plein format.
Je suis donc passé du Nikon D3200 au D610.
Là encore, mon travail a évolué.
Le nouveau boîtier m’offrait d’autres possibilités et une autre manière de travailler. Mais une nouvelle fois, mon expérience photographique continuait elle aussi de progresser.
Alors, qu’est-ce qui faisait réellement évoluer mes photos ?
Le matériel ?
La pratique ?
Les formations ?
Probablement un mélange de tout cela.
Un meilleur appareil peut faciliter certaines prises de vue et offrir davantage de possibilités. Mais il ne choisira jamais notre sujet, notre cadrage ou la lumière que nous voulons exploiter.
Le retour Ă mes premiers amours
Les années passent et je commence à côtoyer à nouveau davantage de photographes équipés en Sony.
Forcément, je regarde les boîtiers.
Je m’intéresse aux évolutions de la marque.
Et doucement, l’envie de revenir à mes premiers amours commence à se faire sentir.
Les mois passent, je réfléchis… puis je finis par franchir le pas.
Je retourne chez Sony avec un A7R III.
Et je ne regrette absolument pas ce retour.
Non pas parce que Sony serait meilleur que Nikon ou Canon. Je ne pense pas qu’il existe une marque capable de transformer miraculeusement un photographe.
Simplement, l’ergonomie, la logique et l’utilisation de mon appareil me correspondent davantage.
Je me sens à l’aise avec mon boîtier.
Et finalement, cela compte énormément.
Le meilleur appareil est peut-ĂŞtre celui qui nous correspond
On parle énormément des performances techniques : autofocus, dynamique, montée en ISO, mégapixels…
Mais beaucoup moins du ressenti du photographe.
Pourtant, un appareil que l’on maîtrise et avec lequel on se sent à l’aise permet de moins réfléchir au matériel et davantage à l’image.
Le boîtier devient presque une extension de notre manière de travailler.
Alors oui, changer de marque peut peut-être influencer notre photographie. Pas parce qu’un logo fera de meilleures photos qu’un autre, mais parce qu’un matériel différent peut nous obliger à changer nos habitudes, à réfléchir autrement ou simplement mieux correspondre à notre façon de travailler.
Si quelqu’un me disait aujourd’hui qu’il souhaite changer de marque pour améliorer ses photos, je lui répondrais : qu’il faut bien réfléchir.. Car cela implique plein de changements dont notamment tout le parc optique.
Nous avons tous notre univers et notre manière de photographier. Nous pouvons exceller dans un domaine et être beaucoup moins à l’aise dans un autre.
Il en va peut-être de même avec le matériel.
L’appareil parfait pour un photographe ne sera pas forcément le meilleur pour son voisin.
đź’¬ Et vous ?
Avez-vous déjà changé de marque ?
Avez-vous remarqué une évolution dans votre travail après ce changement ?
Est-ce réellement le matériel qui change notre photographie… ou simplement le photographe qui évolue au même moment ?
Et,j'ai déjà dit que je préfère l'argentique. Je possède plusieurs appareils de différents types, tous me procurent des images différentes.
Alors oui, le matériel peut changer pas mal de choses sur une photo. Mais le photographe aussi, un appareil haut de gamme avec un photographe médiocre ne fera jamais une bonne photo.
Par contre, si quelqu'un a du mal à porter un appareil, changer son boîtier pour un moins lourd peut améliorer ses photos par exemple.
Je n'ai jamais changé de marque même si j'ai fait une petite incursion chez Sony, mes capacités, mes besoins et mes envies n'ont pas trop évolué. J'ai plus acheté des objectifs pour faire des choses différentes, même si j'ai un 24-105 en quasi permanence mais c'est une autre histoire...
