đ Profil : le bruit des clefs
đ Synopsis
Je suis tombĂ©e sur ce livre, Ă vil prix, dans un dressing Vinted. Comme je suis assez fan du pĂšre de lâautrice, il ne mâa pas fallu plus dâarguments pour lâacheter, surtout en lisant la quatriĂšme de couverture ci-aprĂšs :
đ EpitomĂ©
« Ă tout Ă lâheure mon petit chat », lance gaiement un pĂšre Ă sa fillette de neuf ans, qui ne le reverra jamais. Un mystĂšre tombe et ne quittera plus la narratrice : la mort. Alors que les adultes font entendre leurs sanglots, un Ă©trange silence se fait en elle, celui du bruit des clefs que son pĂšre lançait Ă lâentrĂ©e de la maison. Sans ce tintement familier qui rythmait lâenfance, il faudra donc faire rĂ©sonner dans la vie une autre musiqueâŠ
đšïž Un mot sur lâauteur
Anne Goscinny est une critique littéraire et romanciÚre française, née le 19 mai 1968 à Boulogne-Billancourt. Elle a publié plusieurs ouvrages chez Grasset et Gallimard.
Câest la fille unique de RenĂ© Goscinny, le crĂ©ateur dâ« AstĂ©rix » et du « Petit Nicolas ».
Elle a racontĂ© ses souvenirs de famille dans « La petite fille qui ne savait pas dessiner ». Un livre tout en sensibilitĂ© illustrĂ© par le dessinateur Emmanuel Guibert, auteur des BD Ă succĂšs « La Guerre dâAlan » et « Ariol ».
đș Mon avis
Jâai toujours adorĂ© les Petit Nicolas. Jâen ai beaucoup, je les ai lus et relus, depuis "toujours", et les ai lus Ă mes filles lorsquâelles Ă©taient petites. Jâai bien sĂ»r aussi lu quelques AstĂ©rix, pas tous, et pas les derniers, mais quelques-uns quand mĂȘme.
Comment donc ne pas ĂȘtre Ă©mue de savoir que la fille de Goscinny a Ă©crit cet ouvrage, comme une lettre Ă son pĂšre, qui est dĂ©cĂ©dĂ© lors dâun test dâeffort, Ă 51 ans, alors quâelle nâavait que six ans ?
Au dĂ©but de ma lecture, jâavais lâimpression quâelle parlait Ă son pĂšre du haut de ses six ans, telle la petite fille quâelle Ă©tait, alors quâelle demande Ă sa mĂšre qui lui annonce la mort de son pĂšre : "mort jusquâĂ quand ?".
Puis, je me suis laissĂ©e emporter dans la lecture et de la voir grandir Ă©galement dans sa façon de lui Ă©crire, et de dĂ©couvrir ce papa qui la chĂ©rissait, qui ne savait pas lui dire non, avec lequel elle Ă©tait si proche, sur le vide cruel que son dĂ©part a laissĂ© Ă tous points de vue dans la vie de sa fille. Elle dĂ©crit les manques de chaque instant, son absence aux moments cruciaux de son adolescence puis lorsquâelle deviendra une jeune femme, et les difficultĂ©s quâelle va rencontrer avec les hommes du fait de lâabsence de son papa.
Au-delĂ de parler de deuil et de rĂ©silience, elle Ă©voque aussi ses origines, lâhistoire de sa famille, le cancer de sa mĂšre, qui se mourra dâamour pour RenĂ© Goscinny et ne refera jamais sa vie ; mais ce qui est surprenant, câest quâelle raconte sans jamais sâapitoyer, elle ne fait que livrer les faits et ses pensĂ©es, toujours sous la forme dâun courrier adressĂ© Ă son pĂšre.
Le livre se dĂ©vore rapidement puisquâil ne contient quâune centaine de pages, et au-delĂ du fait quâil soit Ă©mouvant, Ă©trangement par moments il Ă©tait mĂȘme trĂšs drĂŽle. On retrouve chez Anne Goscinny cet humour tendre si propre Ă son pĂšre.
Je ne regrette pas du tout ma lecture et je vais mâempresser de le mettre en boĂźte Ă livres pour que quelquâun dâautre puisse le dĂ©couvrir ! Et tenter aussi de trouver dâautres ouvrages dâAnne Goscinny...
đ Citations
âïž Maman est rentrĂ©e seule Ă la maison ce jour-lĂ . Vous Ă©tiez partis tous les deux. Un seul trousseau de clefs jetĂ© sur le meuble de lâentrĂ©e. Tu Ă©tais mort. Mort. VoilĂ .
âïž De ton univers, tu es le seul mort. Moi jâaurais aimĂ© ĂȘtre lâun de tes personnages : une enfance qui ne finit pas. Une bulle dans une case. Câest tout
âïž Aux morts on offre des fleurs. Des fleurs qui se fanent dĂšs que sâĂ©loignent les sanglots.
âïž Quand je lis, je ris aux larmes. Qui vient dâabord des larmes ou du rire ?
âïž Tu vois, Papa, lâĆuvre de Brassens est comme la tienne : dâabord on Ă©coute une histoire, plus tard on en entend une autre, un jour on sâĂ©meut de ce quâon nâavait pas saisi.
đ RĂ©fĂ©rences
Anne Goscinny
9782841115860
96 pages - 13/09/2012
đ CatĂ©gories
Essai, roman, deuil
đ CrĂ©dits
Babelio
Le Monde
Wikipedia
