đ Profil : Bubble Gum
đ EpitomĂ©
De nos jours, Cendrillon sâennuie Ă servir des pastis dans un bistro de province. Le bal dont elle rĂȘve, câest celui des photos de mode, du cinĂ©ma et de la presse people. Ce rĂȘve, Manon va sâefforcer de le rĂ©aliser. Elle est jolie, et il ne lui faut quâun peu dâaudace et une robe empruntĂ©e pour se glisser dans les soirĂ©es parisiennes de la jet set, oĂč elle rencontre Derek, un milliardaire dĂ©sabusĂ© qui grille sa vie entre la drogue, lâalcool et les orgies. Câest cet homme qui va lui tendre un piĂšge terrible, lâamener au bord de la dĂ©chĂ©ance et de la folie... La trĂšs jeune romanciĂšre de Hell, grand succĂšs de librairie dĂ©jĂ traduit en cinq langues, dĂ©crit avec une luciditĂ© impitoyable un monde oĂč chacun est prĂȘt Ă se damner pour un quart dâheure de gloire. Elle impose un tempĂ©rament dâĂ©crivain avec lequel, indiscutablement, il va falloir compter.
đšïž Un mot sur lâauteur
Lolita Pille est nĂ©e dans les Hauts-de-Seine, dâun pĂšre architecte et dâune mĂšre comptable.
Durant son adolescence, elle frĂ©quente assidĂ»ment, tout comme les hĂ©roĂŻnes de ses deux premiers romans, Hell et Bubble Gum, la jeunesse dorĂ©e de sa ville et les boĂźtes de nuits. AprĂšs lâobtention en 2001 de son baccalaurĂ©at littĂ©raire, elle sâinscrit deux mois en facultĂ© de droit Ă Assas puis abandonne. La lecture de 99 francs (auquel elle fait rĂ©fĂ©rence dans Hell) de FrĂ©dĂ©ric Beigbeder lui redonne le goĂ»t de lâĂ©criture.
đș Mon avis
Jâai relu assez rĂ©cemment Hell de la mĂȘme autrice. Puis, alors que je cherchais un livre pour lire sur ma terrasse (avec la flemme de monter chercher celui que jâavais en cours) jâai repris celui-ci.
Je lâavais dĂ©jĂ lu, Ă sa sortie, il a environ vingt ans. NâĂ©tait-ce pas le moment de voir si jâavais gagnĂ© en maturitĂ©, si je le lisais avec un regard diffĂ©rent ?
Si jâavais Ă©tĂ© un poil déçue par ma relecture dâHell, du fait que je sois trĂšs certainement passĂ©e en mode vieux schnoque, Bubble Gum mâa au contraire plutĂŽt plu (alors quâil y a vingt ans, pas tant que ça) ! Mais lĂ , ce nâest pas le thĂšme qui mâa rĂ©conciliĂ©e avec le livre, mais son style dâĂ©criture.
Il sâagissait lĂ du deuxiĂšme roman de lâautrice, qui effectivement gagne en maturitĂ© par son style dâĂ©criture.
Lâintrigue est quand mĂȘme what-the-fuckesque : un milliardaire fait croire Ă Manon, qui vient de quitter son village natal, quâelle est super connue, allant jusquâĂ payer des acteurs pour quâils le lui fassent croire.
On alterne entre deux narrateurs, Manon, et le fameux milliardaire qui détruit sa life, Derek, ce qui rend le bouquin assez intéressant puisque nous connaissons les pensées des deux protagonistes.
Parfois, les phrases sont longues et il mâa fallu relire deux fois, en bonne dĂ©ficiente dâattention que je suis, mais jâai tout de mĂȘme bien aimĂ© le style et pour une fois je nâai pas lĂąchĂ© ma lecture en cours de route, je lâai mĂȘme terminĂ© avant "ma lecture en cours" !
MalgrĂ© la longueur des phrases, le style reste fluide et accessible, et on a envie de voir comment ça va finir. Dâailleurs, la fin est capillotractĂ©e, mais finalement assez cohĂ©rente avec lâhistoire.
TrĂšs sincĂšrement, jâai apprĂ©ciĂ© cette relecture.
à découvrir !
đ Citations
âïž Je dĂ©teste mon pĂšre avec sa gueule de Jean Gabin rustique, son odeur dâalcool fort et de tabac brun, ses ongles sales et cassĂ©s, son français inaudible, et sa façon de me pousser Ă bout, pour que je lâagonisses dâinjures, pour que je me torture Ă trouver les choses les plus affreuses quâune filles puisse dire Ă son pĂšre et, quâil soit blessĂ©, blessĂ© Ă mort, et sâenferme dans sa dignitĂ© Ă la con, et sâen aille souffrir en silence pendant que je regrette de tout mon cĆur non pas de lui avoir dit ce que je pensais, mais de penser ce que jâai dit, car personne peut penser ça de son pĂšre.
âïž Je me suis barrĂ©e ce matin sans regarder en arriĂšre. Je nâai pas dormi de la nuit. Je nâai rien emportĂ©. Juste de quoi me changer, un bouquin poussiĂ©reux, un paquet de clopes et la carte de Georges dans un vieux baise-en-ville.
âïž Jâai dĂ©cidĂ© de dĂ©truire quelquâun, briser une existence, massacrer un destin, et tout Ă fait injustement, choisir un innocent, quelquâun qui pourrait ĂȘtre heureux (âŠ) et en faire une Ă©pave dans mon genre (âŠ).
âïž Il nây a rien de pire que ce moment oĂč on cesse dâavoir envie de grandir pour commencer Ă redouter de vieillir.
âïž Tout ce que je ressentais, câĂ©tais la faim. Une faim terrible, que jâaurais pu appeler manque, besoin, impuissance, frustation, vide, et qui mâobsĂ©dait, me rongeait, mâengloutirait bientĂŽt. CâĂ©tait comme une fiĂšvre, une mauvaise dĂ©fonce, de la coke coincĂ©e entre les narines, une crise de manque, cette faim impossible Ă assouvir dont jâĂ©tais possĂ©dĂ©e. Je dĂ©testais ma vie.
âïž Celui-ci, je l avais nommĂ© Bubble Gum parce que tout y semblait creux, rose et gluant : decors, propos, sentiments, les personnages eux mĂȘmes, moi compris, Ă©taient creux, roses et gluants, au bord de l Ă©clatement, et ce derriĂšre quoi ils courraient, la sacro-sainte reconnaissance, la sacro-sainte cĂ©lĂ©britĂ©, Ă©tait devenue, Ă lâĂ©poque oĂč le non-film Ă©tait supposĂ© se dĂ©rouler, aussi creuse, rose, banale et brĂšve quâune pauvre petite bulle de chewing-gum qui finissait inĂ©luctablement par vous exploser Ă la gueule.
đ RĂ©fĂ©rences
Lolita Pille
9782253117087
281 pages - 29/03/2006
đ CatĂ©gories
- Catégories. (genre)
đ CrĂ©dits
Babelio Wikipedia
A suivre donc...
