📖 Profil : Bubble Gum

Un article de Fantomas-2
Publié le 30/07/2026
Dans la section #LIRE
Article public d'intéret général
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📚 EpitomĂ©

De nos jours, Cendrillon s’ennuie Ă  servir des pastis dans un bistro de province. Le bal dont elle rĂȘve, c’est celui des photos de mode, du cinĂ©ma et de la presse people. Ce rĂȘve, Manon va s’efforcer de le rĂ©aliser. Elle est jolie, et il ne lui faut qu’un peu d’audace et une robe empruntĂ©e pour se glisser dans les soirĂ©es parisiennes de la jet set, oĂč elle rencontre Derek, un milliardaire dĂ©sabusĂ© qui grille sa vie entre la drogue, l’alcool et les orgies. C’est cet homme qui va lui tendre un piĂšge terrible, l’amener au bord de la dĂ©chĂ©ance et de la folie... La trĂšs jeune romanciĂšre de Hell, grand succĂšs de librairie dĂ©jĂ  traduit en cinq langues, dĂ©crit avec une luciditĂ© impitoyable un monde oĂč chacun est prĂȘt Ă  se damner pour un quart d’heure de gloire. Elle impose un tempĂ©rament d’écrivain avec lequel, indiscutablement, il va falloir compter.

đŸ—šïž Un mot sur l’auteur

Lolita Pille est nĂ©e dans les Hauts-de-Seine, d’un pĂšre architecte et d’une mĂšre comptable.

Durant son adolescence, elle frĂ©quente assidĂ»ment, tout comme les hĂ©roĂŻnes de ses deux premiers romans, Hell et Bubble Gum, la jeunesse dorĂ©e de sa ville et les boĂźtes de nuits. AprĂšs l’obtention en 2001 de son baccalaurĂ©at littĂ©raire, elle s’inscrit deux mois en facultĂ© de droit Ă  Assas puis abandonne. La lecture de 99 francs (auquel elle fait rĂ©fĂ©rence dans Hell) de FrĂ©dĂ©ric Beigbeder lui redonne le goĂ»t de l’écriture.

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đŸ˜ș Mon avis

J’ai relu assez rĂ©cemment Hell de la mĂȘme autrice. Puis, alors que je cherchais un livre pour lire sur ma terrasse (avec la flemme de monter chercher celui que j’avais en cours) j’ai repris celui-ci.

Je l’avais dĂ©jĂ  lu, Ă  sa sortie, il a environ vingt ans. N’était-ce pas le moment de voir si j’avais gagnĂ© en maturitĂ©, si je le lisais avec un regard diffĂ©rent ?

Si j’avais Ă©tĂ© un poil déçue par ma relecture d’Hell, du fait que je sois trĂšs certainement passĂ©e en mode vieux schnoque, Bubble Gum m’a au contraire plutĂŽt plu (alors qu’il y a vingt ans, pas tant que ça) ! Mais lĂ , ce n’est pas le thĂšme qui m’a rĂ©conciliĂ©e avec le livre, mais son style d’écriture.

Il s’agissait lĂ  du deuxiĂšme roman de l’autrice, qui effectivement gagne en maturitĂ© par son style d’écriture.

L’intrigue est quand mĂȘme what-the-fuckesque : un milliardaire fait croire Ă  Manon, qui vient de quitter son village natal, qu’elle est super connue, allant jusqu’à payer des acteurs pour qu’ils le lui fassent croire.

On alterne entre deux narrateurs, Manon, et le fameux milliardaire qui détruit sa life, Derek, ce qui rend le bouquin assez intéressant puisque nous connaissons les pensées des deux protagonistes.

Parfois, les phrases sont longues et il m’a fallu relire deux fois, en bonne dĂ©ficiente d’attention que je suis, mais j’ai tout de mĂȘme bien aimĂ© le style et pour une fois je n’ai pas lĂąchĂ© ma lecture en cours de route, je l’ai mĂȘme terminĂ© avant "ma lecture en cours" !

MalgrĂ© la longueur des phrases, le style reste fluide et accessible, et on a envie de voir comment ça va finir. D’ailleurs, la fin est capillotractĂ©e, mais finalement assez cohĂ©rente avec l’histoire.

TrĂšs sincĂšrement, j’ai apprĂ©ciĂ© cette relecture.

À dĂ©couvrir !

📑 Citations

✒ Je dĂ©teste mon pĂšre avec sa gueule de Jean Gabin rustique, son odeur d’alcool fort et de tabac brun, ses ongles sales et cassĂ©s, son français inaudible, et sa façon de me pousser Ă  bout, pour que je l’agonisses d’injures, pour que je me torture Ă  trouver les choses les plus affreuses qu’une filles puisse dire Ă  son pĂšre et, qu’il soit blessĂ©, blessĂ© Ă  mort, et s’enferme dans sa dignitĂ© Ă  la con, et s’en aille souffrir en silence pendant que je regrette de tout mon cƓur non pas de lui avoir dit ce que je pensais, mais de penser ce que j’ai dit, car personne peut penser ça de son pĂšre.

✒ Je me suis barrĂ©e ce matin sans regarder en arriĂšre. Je n’ai pas dormi de la nuit. Je n’ai rien emportĂ©. Juste de quoi me changer, un bouquin poussiĂ©reux, un paquet de clopes et la carte de Georges dans un vieux baise-en-ville.

✒ J’ai dĂ©cidĂ© de dĂ©truire quelqu’un, briser une existence, massacrer un destin, et tout Ă  fait injustement, choisir un innocent, quelqu’un qui pourrait ĂȘtre heureux (
) et en faire une Ă©pave dans mon genre (
).

✒ Il n’y a rien de pire que ce moment oĂč on cesse d’avoir envie de grandir pour commencer Ă  redouter de vieillir.

✒ Tout ce que je ressentais, c’étais la faim. Une faim terrible, que j’aurais pu appeler manque, besoin, impuissance, frustation, vide, et qui m’obsĂ©dait, me rongeait, m’engloutirait bientĂŽt. C’était comme une fiĂšvre, une mauvaise dĂ©fonce, de la coke coincĂ©e entre les narines, une crise de manque, cette faim impossible Ă  assouvir dont j’étais possĂ©dĂ©e. Je dĂ©testais ma vie.

✒ Celui-ci, je l avais nommĂ© Bubble Gum parce que tout y semblait creux, rose et gluant : decors, propos, sentiments, les personnages eux mĂȘmes, moi compris, Ă©taient creux, roses et gluants, au bord de l Ă©clatement, et ce derriĂšre quoi ils courraient, la sacro-sainte reconnaissance, la sacro-sainte cĂ©lĂ©britĂ©, Ă©tait devenue, Ă  l’époque oĂč le non-film Ă©tait supposĂ© se dĂ©rouler, aussi creuse, rose, banale et brĂšve qu’une pauvre petite bulle de chewing-gum qui finissait inĂ©luctablement par vous exploser Ă  la gueule.

🔍 RĂ©fĂ©rences

Lolita Pille

9782253117087

281 pages - 29/03/2006

🔖 CatĂ©gories

  • CatĂ©gories. (genre)

📌 CrĂ©dits

Babelio Wikipedia

1 commentaire
Machin
()
Tiens, je cherchais un nouvel ouvrage à lire, tu m'as donné envie de le tester.
A suivre donc...
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