📸 Robert Doisneau (1912–1994)

Un article de Fantomas-2
Publié le 16/02/2026
Dans la section #Photo
Article public d'intéret général
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Conforme ou séditieux?

Robert Doisneau est un photographe français, figure majeure de la photographie humaniste. Né en 1912 à Gentilly, près de Paris, il a consacré l’essentiel de son travail à la vie quotidienne, en particulier dans les rues de Paris et de sa banlieue.

Qui était-il et que photographiait-il ?

Doisneau s’intéressait aux gens ordinaires : enfants qui jouent, ouvriers, amoureux, passants anonymes. Son regard est souvent tendre, parfois ironique, toujours profondément humain. Il cherchait à capturer des instants simples, des gestes, des regards, des situations qui racontent la société française d’après-guerre.

Il est souvent associé à l’agence Rapho, aux côtés d’autres photographes humanistes comme Willy Ronis ou Brassaï.

Un photographe bien vu… mais parfois critiqué

Robert Doisneau est très apprécié du grand public. Ses images sont accessibles, poétiques et universelles.

Cependant, il a aussi été critiqué par certains puristes, notamment parce qu’il lui arrivait de mettre en scène certaines photos.

Pour ses détracteurs, cela remettait en question l’authenticité du moment.

Doisneau assumait totalement cette approche, expliquant qu’il cherchait avant tout à raconter une vérité humaine, pas forcément un instant strictement documentaire.

Ĺ’uvres les plus connues

  • Le Baiser de l’HĂ´tel de Ville (1950)

→ Sa photo la plus célèbre : un couple s’embrassant dans Paris. Très populaire, mais aussi très critiquée lorsqu’on a appris qu’elle était mise en scène avec des comédiens.

  • Les Enfants de la place HĂ©bert

→ Illustration parfaite de son regard sur l’enfance et la spontanéité.

  • La Dame indignĂ©e

→ Exemple de son humour discret et de son sens de l’observation sociale.

Personnellement je n’accroche pas du tout à celle-ci

Héritage

Aujourd’hui, Robert Doisneau reste une référence incontournable.

Son travail pose encore une question très actuelle :

👉 Une photo doit-elle être vraie ou juste sincère ?

Son œuvre continue d’influencer de nombreux photographes de rue et rappelle que la photographie peut être un regard bienveillant posé sur le monde, même lorsqu’elle flirte avec la mise en scène.

Il est possible de voir son expo à La Boverie à Liège jusqu’au 19/4/26.

Retour sur l’expo

Retour sur l’exposition Robert Doisneau

Cela faisait très longtemps que je n’avais plus mis les pieds dans une exposition. Et je dois bien l’avouer : cette visite m’a donné envie d’y retourner plus souvent.

La photographie d’avant-guerre et d’après-guerre, c’est vraiment autre chose. Il s’en dégage énormément d’émotions, une forme d’innocence aussi, parfois brute, parfois fragile, mais toujours sincère. Ces clichés racontent une époque, des vies, des moments suspendus.

En voyant certaines images, je me suis surpris à faire un parallèle avec des photos que je réalise aujourd’hui et que je trouve parfois banales. Des arbres, des objets, des scènes simples… et pourtant, dans l’exposition, des images similaires prennent une tout autre dimension, presque un côté “après la mort”, une trace laissée dans le temps. Et finalement, ça ne donne pas envie de se décourager bien au contraire. Ça rassure même.

L’exposition est dense : près de 400 photos. Oui, 400, c’est beaucoup. Certaines images te parleront immédiatement, d’autres moins. Mais c’est aussi ça le jeu : on pioche, on s’arrête, on passe, on revient. Tout ne peut pas nous toucher de la même manière.

On apprend aussi des choses étonnantes sur l’époque. Par exemple, dans les années 40–50, on pouvait déjà se faire renvoyer pour des retards répétés au travail. Comme quoi, certaines réalités traversent les décennies.

Ce qui m’a marqué, c’est la diversité des sujets et des tons : on peut passer d’une photo pleine d’insouciance une institutrice donnant cours à des scènes beaucoup plus dures, comme des travailleurs dans une mine. Pour revenir à des enfants de dos dans une toilette.

Il y a aussi des photomontages très forts, notamment celui montrant des mains de mineurs, dont certaines mutilées, avec des usines en arrière-plan. Une image glaçante, mais terriblement parlante.

Un autre montage m’a particulièrement interpellé : un bâtiment aux grandes fenêtres, dans lesquelles s’inscrivent différents moments de vie, comme si le lieu absorbait les histoires de ceux qui l’ont traversé.

Et puis il y a aussi des expérimentations plus techniques, comme des montages en photo-relief, preuve que Doisneau ne se limitait pas à une seule écriture photographique.

Bref… il y aurait encore tellement à dire. Mais je vais m’arrêter là. Parfois, une exposition mérite aussi qu’on la digère en silence.

3 commentaires
Truc
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Je suis très fan !

J'aime particulièrement celle-ci

Image
Un Intrus
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Je ne suis pas bien sûr de voir pourquoi, _dans un cadre arsitique_ il serait problématique d'engager des comédiens pour avoir une belle scène (ou de retoucher une photo pour qu'elle rende mieux d'ailleurs). C'est un peu comme si on limitait la peinture au réalisme, l'écriture au récit factuel et l'audiovisuel au journalisme !


Un curieux
()
Bonne question, sur le pourquoi ! Il faudrait lancer un débat/propa sur la question.. Ce sont des informations que j'ai obtenu en faisant l'article
(Vous n'avez pas (encore) les droits nécessaires pour répondre à cet article)
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