🎥 CINÉ : Into the wild
J’ai pu revoir tout récemment Into the Wild, le premier long métrage de Sean Penn, que vous connaissez peut-être déjà puisqu’il est sorti en 2007.
Il avait eu de si bonnes critiques à l’époque, que je l’ai regardé, un poil goguenarde, je l’avoue, en me disant "ouais, c’est ça, ouais". Et je n’ai pas regretté, et oui, ça a été ça, oui. Depuis, à mes yeux, Into the Wild est bien plus qu’un film tant il retrace à la perfection l’odyssée intérieure du héros ! Il montre sa méditation sur la liberté, la solitude, et le prix à payer pour échapper aux carcans sociaux. Mon visionnage avait été une vraie claque.
Into The Wild, c’est avant tout le livre-enquête de Jon Krakauer, qui raconte la véritable histoire de Christopher McCandless, un jeune diplômé brillant qui, au début des années 1990, a abandonné sa famille, ses attaches, sa vie, et disons-le carrément, son avenir, pour partir explorer l’Amérique et vivre au plus près de la nature. Une véritable quête éperdue de liberté aux frontières du monde et surtout, de lui-même.
Cela partait bien évidemment du rejet de réussite et du conformisme, quel qu’il soit, car, on ne va pas tarder à le découvrir, le héros va rejeter radicalement le modèle de réussite imposé par sa famille ou par la vie, la morale et tout ce qu’on veut d’ailleurs, tout court. Christopher McCandless, interprété à l’écran avec sensibilité par Emile Hirsch, se déleste de tout ce qui pourrait l’entraver : biens matériels en abandonnant sa voiture et la plupart de ses effets personnels, identité administrative, son fric, et tout le confort moderne.
Sous le nom d’Alexander Supertramp, il entreprendra un voyage qui le mènera des vastes plaines du Midwest aux décors arides du désert. Il fera des rencontres décisives aux moments de solitude absolue. Si le héros nous énerve souvent (lorsqu’il crame son argent, par exemple, ou prend des risques inconsidérés) les rencontres qu’ils font sont absolument exceptionnelles ; il croise des personnages super attachants, chacun porteur d’une leçon de vie. Ces individus, souvent marginalisés ou cabossés par l’existence, lui offrent affection, conseils, un fragment d’humanité ou simplement leur amitié.
Ces moments d’échange constituent le cœur émotionnel du film et révèlent que l’absolue liberté recherchée par Chris n’est jamais totalement détachée du lien aux autres, même si au début il prétend le contraire ! La prestation d’Emile Hirsch est époustouflante, mais les autres acteurs ne sont pas en reste. J’ai été particulièrement émue par le vieil homme de la fin (interprété par Hal Holbrook) qui me fait pleurer à chaque visionnage.
Le film donne à voir un itinéraire physique, mais également la transformation intérieure de Chris Mc Candless tellement chaque étape révèle sa quête de sens, son désir ardent de vérité, mêlé à la difficulté d’échapper à ses propres contradictions.
La photographie du film est vraiment sublime, voire même la grande force d’Into the Wild, qui montre la splendeur des paysages américains. Sean Penn filme la nature avec une intensité quasi spirituelle : les immensités du Dakota, les Rocheuses, et enfin l’Alaska deviennent presque des acteurs à part entière.
Enfin, la bande originale, signée Eddie Vedder (Pearl Jam), accompagne parfaitement cette aventure, brute et mélancolique.
La nature apparaît à la fois comme refuge et épreuve, accueillante lorsqu’elle permet de respirer, et impitoyable lorsqu’elle rappelle à l’homme ses limites.
Tout n’est pas absolument véridique dans le film : le vrai Chris McCandless n’aurait en réalité pas cramé ses papiers d’identité, qui auraient été retrouvés, et il n’est pas mort d’empoisonnement mais de malnutrition ; son itinéraire en revanche a été respecté, ainsi que les personnes qu’il rencontre. Le bus, par respect pour la famille, a été reconstitué pour les besoins de film. Le film lui rend un hommage si poignant que les quelques inexactitudes ici et là ne sont pas graves.
Petite anecdote, la montre que porte Emile Hirsch est vraiment celle de Chris, dont la famille lui a fait cadeau.
Au-delà du récit, le film des questions existentielles universelles :
Qu’est-ce que vivre pleinement ?
Peut-on se libérer des contraintes sociales sans perdre quelque chose d’essentiel ?
Quel est le prix du rêve d’absolue autonomie ?
Mais surtout, il est d’autant plus touchant qu’il met en scène un conflit interne que bon nombre de personnes ressentent : la tension entre désir d’indépendance et besoin de connexion humaine.
Si vous ne l’avez jamais vu, je ne peux que vous le conseiller.
le vrai Chris Mc Candless / Emile Hirsh
bande annonce :
De Sean Penn
Avec Emile Hirsch, Marcia Gay Harden, William Hurt, Jena Malone, Carine McCandless Catherine Keener, Vince Vaughn, Kristen Stewart, Hal Holbrook, Zach Galifianakis, Jim Gallien
Pour en savoir plus : https://cinemaster.ch/2020/04/11/into-the-wild-2007/
D'autant plus que l'histoire est vraie.
Et j'étais plutôt d'accord avec sa vision, j'avais aussi envie de tout quitter.
Mais il donne à réfléchir, peu importe que l'on soit d'accord ou pas avec sa vision.
C'est le premier que j'ai montré à mon mari quand je l'ai rencontré et qu'on a parlé de partager nos coups de cœur cinématographiques 🥰
Un chef-d'œuvre !
