🎥 CINÉ : Cruella

Un article de Fantomas-2
Publié le 03/02/2026
Dans la section #CinéSéries
Article public d'intéret général
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Il est des personnages qui semblent condamnés à l’unidimensionnel, gravés dans la mémoire collective comme des figures monolithiques du mal

Cruella d’Enfer, manteau de fourrure au vent, rire strident et obsession canine faisait partie de ceux-là.

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C’est un pari osé : faire un film sur une méchante aussi emblématique, et c’est précisément pour cette raison que le film Cruella, réalisé par Craig Gillespie, surprend autant : il ose réinventer une icône du vice pour en faire une héroïne punk, cabossée, et dans le même temps profondément humaine, parvenant à la rendre presque attachante.

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Dès les premières minutes, le film annonce sa couleur : noir, blanc, et une touche de rouge incandescent. Le Londres des années 70, tremplin culturel aussi chaotique que fécond sert de toile de fond à l’ascension de cette anti-héroïne en devenir. On y respire la révolte, le cuir, la couture débridée, et l’effervescence d’une époque où la mode n’était pas seulement une industrie mais un cri de guerre.

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Emma Stone réussit un numéro virtuose et impose une Cruella rock’n’roll, à mi-chemin entre la rebelle géniale et l’icône de la démesure. Son interprétation oscille avec une précision chirurgicale entre la fragilité d’Estella, jeune créatrice rongée par le besoin de reconnaissance, et la flamboyance de Cruella, reine du chaos scénarisé. Emma Stone joue cette dualité comme une partition baroque, pleine de ruptures et de fulgurances.

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Face à elle, Emma Thompson campe une Baronne qui aurait pu sortir tout droit d’un défilé de misanthropie haute couture. Dictatoriale, glaciale, fascinante, elle incarne à merveille la tradition contre laquelle Cruella vient se briser. Leur affrontement évoque moins un duel de mode qu’un choc de civilisations, ou, plus modestement, un défilé où chaque robe est une déclaration de guerre.

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L’autre triomphe du film réside dans sa direction artistique, qui ne recule devant rien : costumes extravagants, séquences visuellement baroques, effusions de créativité assumées… Gillespie ne se contente pas de filmer la mode ; il la fait exploser, la transforme en acte de rébellion esthétique.

La bande-son aussi, est vraiment bien trouvée et devient un véritable patchwork sonore des années 70, pulse derrière chaque scène comme un cœur enragé, ajoutant au film une énergie fougueuse.

Je ne sais pas si vous aviez vu le film avec Glenn Close qui était déjà pas mal, jugez en surtout avec ce short ou cette vidéo de Glenn Close

Certes, Cruella n’échappe pas à certaines extravagances hollywoodiennes ni à la tentation de lisser la noirceur du personnage au profit d’un discours plus consensuel sur la revanche sociale. Mais ces concessions ne suffisent pas à entacher son ambition : offrir un divertissement sophistiqué, stylisé, où la méchante devient muse, où la folie devient art.

Le film a réussi le pari de revisiter un mythe en osant l’excès, le panache, et même la tendresse. Un film aussi flamboyant que son héroïne, qui nous rappelle qu’au cinéma comme dans la mode, les lignes les plus intéressantes sont celles que l’on déchire.

bande annonce :

De Craig Gillespie

Avec Emma Stone, Emma Thompson, Joel Fry, Paul Walter Hauser, John McCrea, Emily Beecham, Mark Strong

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