« Je ne vais pas voir de psy parce que je n’ai rien à lui dire »

Un article de Fantomas-2
Publié le 29/08/2025
Dans la section #Psychologie
Article public d'intéret général
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Conforme ou séditieux?

C’est une phrase que j’entends souvent.

Beaucoup de personnes hésitent à franchir la porte d’un cabinet parce qu’elles se disent :

“Qu’est-ce que je vais bien pouvoir raconter ?” ou encore “Je ne suis pas fou, je n’ai pas besoin de psy.”

Et pourtant…

Ne pas savoir quoi dire, c’est déjà dire quelque chose

Arriver en thérapie en pensant n’avoir “rien à dire”, c’est déjà un point de départ.
Le psy n’attend pas que tu viennes avec un roman ou une liste de problèmes soigneusement préparés. La thérapie, ce n’est pas un interrogatoire. C’est un espace. Un lieu où le silence, l’hésitation, le malaise même, ont toute leur place.

Parfois, “ne pas savoir quoi dire” traduit une peur d’être jugé, de se mettre à nu, ou simplement de ne pas réussir à mettre des mots sur ce qui pèse. Et c’est justement le rôle du psy : t’aider à formuler, à clarifier, à faire émerger ce qui est enfoui.

D’ailleurs, il n’est pas rare qu’une séance commence par : “Je n’ai rien à dire aujourd’hui”… et que, dix minutes plus tard, les mots coulent à flot. Le simple fait d’avoir quelqu’un en face, bienveillant, qui écoute sans juger, suffit souvent à délier la parole.

L’importance de se laisser guider

Un thérapeute, c’est un peu comme un guide en randonnée. Tu n’as pas besoin de connaître le chemin à l’avance. Tu n’as pas besoin de sortir une carte et de tracer le parcours. Tu viens avec ce que tu es, et c’est ensemble que vous avancez.

Le psy peut poser des questions, proposer une reformulation, ou simplement accueillir ton silence. Tout cela fait partie du processus : te permettre de déposer, de réfléchir autrement, de trouver tes propres réponses.

Certaines personnes croient qu’elles doivent “bien parler” ou “être intéressantes” pour aller voir un psy. C’est faux. Tu n’as rien à prouver, tu n’es pas en représentation. Ton vécu, même banal en apparence, a de la valeur. Parfois, c’est justement en parlant du quotidien — une fatigue persistante, une dispute, une habitude qui pèse — que se dévoile ce qui est essentiel.

Et si je n’étais pas légitime à consulter ?

Un autre frein courant, c’est cette idée : “Mes problèmes ne sont pas assez graves.”
On se compare à plus malheureux que soi, on minimise sa souffrance, on se dit qu’on devrait “se débrouiller tout seul”.

Mais la thérapie n’est pas réservée aux grandes crises ni aux “cas lourds”.

On peut consulter pour un passage à vide, un stress qui s’accumule, une perte de sens, une difficulté relationnelle. Ce n’est pas parce que tu ne touches pas le fond que tu n’as pas le droit de demander de l’aide.

Un psy ne hiérarchise pas la douleur. Il écoute là où tu en es, sans classement, sans jugement.

Aller en thérapie, ce n’est pas être fou

C’est une autre idée reçue : consulter un psy serait réservé aux personnes “malades”, “fragiles” ou “folles”. Rien n’est plus faux.
Aller voir un psy, c’est prendre soin de soi, au même titre que consulter un médecin quand on a une douleur physique.

La santé mentale fait partie intégrante de la santé globale.
Personne ne s’étonne de voir un sportif aller chez le kiné pour éviter une blessure. Personne ne juge quelqu’un qui consulte un médecin pour une toux persistante. Alors pourquoi faudrait-il attendre d’aller très mal avant de consulter pour son psychisme ?

La thérapie n’est pas un signe de faiblesse, mais une démarche de responsabilité.

Les petites choses comptent aussi

Tu n’as pas besoin de traverser un tsunami pour pousser la porte d’un cabinet.
Parfois, ce qui t’amène, ce sont ces “petits cailloux dans la chaussure” qui rendent le chemin inconfortable : une difficulté à dormir, une hypersensibilité aux critiques, une impression de tourner en rond, un sentiment de vide.

Ces “petites choses”, répétées et accumulées, peuvent miner ton quotidien. Et les travailler en thérapie, c’est justement éviter qu’elles ne prennent une ampleur démesurée.

Si tu hésites parce que tu crois n’avoir “rien à dire”, rappelle-toi que c’est justement le rôle du psy de t’aider à trouver les mots.

Tu n’as pas besoin d’avoir un discours prêt. Tu n’as pas besoin d’être “légitime”. Tu n’as pas besoin d’être “fou”.

Tu as juste besoin d’oser franchir la porte, avec ce que tu es, comme tu es.
Et parfois, ce premier pas change tout.

6 commentaires
Le surveillant
()
J'ai peur d'avoir rien a dire en effet...et de parler de choses banales pas assez importantes. Mais c'est vrai que tout est important. C'est justement ça qui permet de rester bien de se rendre compte qu'on n'a pas de gros problèmes par rapport a d'autres plus avec des gens problèmes et qui vont peut être parler plus ou parler de choses plus importantes relativement aussi (, même si il n'y a pas de hiérarchie, certaines vies sont dures a vivre).

Je vois une psy pour le moment en tout cas et tt va bien avec. C'est plus pour parler de choses et d'autres et parler de ce qui ne va pas quand c'est le cas ...on se rend compte qu'on peut aller bien. Oui j'ai peur d'aller bien parfois parce que aller bien c'est pas pour moi peut être (mais si) mais Pour les gens qui ont une vie plus parfaite sur la mienne en apparence...et des relations plus parfaites .
Un curieux
()
Première fois que j'ai été voir une psy de façon purement volontaire (donc non poussé par mon médecin) c'était au PMS de mon école...
Et franchement ça m'avait fait du bien de parler à quelqu'un qui n'avait aucun jugement.

Même si on fini par parler de tout et n'importe quoi, dire ce qu'on a sur le coeur ça fait un bien fou.
Et au moins ont sait que ça ne sortira pas du bureau.
Un égaré
()
J'ai toujours su que j'avais des trucs à raconter. Souvent j'y suis allée avec ma liste, ou un écrit...

Mais souvent aussi je savais de quoi je ne voulais pas parler. J'évitais donc très savamment le sujet.
Je crois que beaucoup de mes séances ont démarré par "Non mais ça va, hein!"
Je me souviens aussi du "Votre tapis est agressif!"

Parfois il y avait un truc que je voulais aborder mais ça ne se déroulait pas comme "prévu" et j'arrivais à le sortir que 3 min avant la fin. Je pense que ces jours là, il m'a détestée =D
Mais il m'a jamais mise dehors sous prétexte que c'était l'heure.

Bref, Allez parler au psy!
un fureteur
()
J’en ai consulté à différentes étapes de ma vie, il est vrai qu’ado, « je n’avais rien à dire » mais parce que je protégeais quelqu’un. La psy très à l’écoute a posé les bonnes questions, et finalement elle a rusé pour consulté ma mère en ma présence pour que je répète que la personne qui souffrait le plus c’était elle.

J’ai aussi eu un suivi comportemental quand j’étais sous manipulation dans une longue relation, ça a été long d’admettre avoir mis des œillères autant de temps et finalement ne pas m’être révélée telle que je suis.

Je n’ai jamais eu honte de la consultation psy, étant donné que j’ai des difficultés à me confier à mes propres amis, je trouve ça plus sain lorsqu’on ne donne pas le pouvoir aux gens d’appuyer sur vos failles…donc une personne extérieure et de métier, je me sens plus à l’aise.

J estime à présent avoir les outils, une propre analyse pour avancer seule. Et si besoin, par exemple en période de deuil, faire appel à un pro n’est pas exclus. :)

Quand au final on se sent bien et qu’on est ok de traverser quelques orages dans sa vie, on est bien plus serein
Truc
()
Je n'ai jamais consulté de psy... J'en aurai probablement besoin ! Vu les épisodes dépressifs que j'ai connu, et "les cailloux dans la chaussure" que j'ai en permanence...

Comme tu l'as dit, finalement je me donne des excuses, du genre “Mes problèmes ne sont pas assez graves.”.
J'avoue qu'il y a tout de même le cout qui me freine aussi !
Bidule
()
La raison qui ne me fait pas pousser la porte d'un cabinet est de penser à la loi Miranda : Vous avez le droit de garder le silence. Si vous renoncez à ce droit, tout ce que vous direz pourra et sera utilisé contre vous devant une cour de justice.
(Vous n'avez pas (encore) les droits nécessaires pour répondre à cet article)
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