"Maman, pourquoi le monsieur il a les cheveux long?"
Sortie hebdomadaire au magasin il y a quelques jours me voici face au questionnement d’un enfant, mais pourquoi donc ai-je les cheveux longs ?
Peur de ne plus en avoir donc j’en profite, question de style, question juste d’envie...
À notre belle époque, avoir les cheveux longs n’est plus trop un gage de moquerie ni de rejet de la part de la société. Ce n’était pas le cas dans les années 60, et qui d’autre que le grand David Bowie pour revendiquer la crinière longue !
Voici une petite histoire qui devrait bien vous plaire.
David Bowie et la défense capillaire : la « Society for the Prevention of Cruelty to Long-Haired Men »

Avant Ziggy Stardust, avant les combinaisons spatiales et les pupilles inégales, David Bowie a mené un combat capillaire. Nous sommes en 1964 et le jeune David Jones (il ne s’appelle pas encore Bowie) a 17 ans, une coupe un peu longue pour l’époque et un sens aigu de la justice capillaire.
Indigné par les remarques qu’on lui lance dans la rue, du classique « Eh, c’est une fille ! » au plus poétique « Coupe-toi les tifs ! », il décide de frapper fort. Non pas avec une guitare électrique mais avec une arme plus subtile : une association au nom outrageusement pompeux : la Society for the Prevention of Cruelty to Long-Haired Men (littéralement : Société pour la Prévention de la Cruauté envers les Hommes aux Cheveux Longs).
Oui c’est réel. Oui ils avaient des réunions. Oui ils sont passés à la télévision.
Le manifeste ? : « Il est grand temps que les gens comprennent que les hommes aux cheveux longs ont des droits. Nous ne devrions pas être persécutés simplement pour avoir l’air fabuleux. » Et Bowie, cheveux au vent, l’air aussi sérieux qu’un futur alien glam-rock peut l’être, déclare devant les caméras de la BBC :
"Every man has the right to grow his hair as long as he wants. It’s not just a fashion statement, it’s a lifestyle."
(« Chaque homme a le droit de laisser pousser ses cheveux aussi longtemps qu’il le souhaite. Ce n’est pas seulement une question de mode, c’est un mode de vie. »)
Un Che Guevara de la tignasse, en somme.
Ironiquement quelques années plus tard, Bowie changera de coupe à peu près toutes les deux semaines, du mulet flamboyant au blond platine spatial, prouvant que la vraie liberté capillaire c’est le changement perpétuel.
Mais cette petite « société » reste une perle vintage, un clin d’œil savoureux à la jeunesse d’un artiste qui dès le départ défiait les normes mèche après mèche.