Shufflepuck Café : Quand le Air Hockey rencontre Star Wars
Fiche technique
- Titre : Shufflepuck Café
- Développeurs : Christopher Gross, Gene Portwood, Lauren Elliott
- Éditeur : Broderbund (puis Ubisoft)
- Illustrateur : Gary Ruddell
- Plateformes : Amiga, Apple IIGS, Atari ST, Amstrad CPC, MS-DOS, Famicom (NES), Macintosh, PC-98, X68000
- Sortie : 6 juillet 1989
- Genre : Sport
- Mode : Un joueur
Un air de déjà-vu ?
Qui n’a jamais entendu parler du Air Hockey ? Vous savez, ce jeu qui se déroule sur une table avec un palet sur coussin d’air et dont le but est de le faire rentrer dans la cage adverse. Ce jeu où, avouons-le, on finit tous par taper comme des bourrins sans la moindre stratégie après 30 secondes de partie ! Tous ceux qui sont passés par une salle d’arcade savent de quoi je parle.
Les souvenirs remontent ? Cette sensation de glisse parfaite, ce bruit caractéristique du palet contre les bords, l’adrénaline qui monte... Eh bien figurez-vous que Shufflepuck Café n’est ni plus ni moins qu’une excellente simulation de Air Hockey, mais avec une touche d’exotisme intergalactique !
Je dois vous avouer que j’ai perdu un nombre incalculable d’heures sur ce petit bijou sur Amiga. Et le plus dingue ? J’y joue encore régulièrement, presque 35 ans après sa sortie ! Un classique indémodable.
Un peu d’histoire : aux origines de Shufflepuck
Figurez-vous que Shufflepuck Café n’est pas né de nulle part ! Christopher Gross, le développeur principal, avait déjà créé en 1987 un jeu appelé simplement "Shufflepuck" sur Mac 68000. C’était une simulation de air hockey en vue subjective 3D, distribuée en shareware.
Par rapport au véritable air hockey, ce premier Shufflepuck apportait déjà trois innovations majeures :
- Les "cages" n’étaient pas des fentes dans les bandes, mais des vitres qui se brisaient spectaculairement lors d’un but
- Les joueurs utilisaient des raquettes plates (comme dans Pong) au lieu des traditionnels maillets
- Chaque joueur était limité à une zone précise de la table (contrairement au vrai air hockey où on peut se déplacer librement dans sa moitié)
Bien que plutôt réussi techniquement, ce premier Shufflepuck souffrait d’un manque d’âme : pas d’adversaires personnifiés, des graphismes tristounets en noir et blanc, et une ambiance impersonnelle qui finissait par lasser. En somme, c’était un Pong en 3D pas forcément captivant sur la durée.
Christopher Gross a compris que l’attrait principal du air hockey résidait dans les interactions entre joueurs : l’intimidation, les provocations, les réactions après un point... Pour reproduire cette ambiance dans un jeu solo, il fallait créer des adversaires avec de vraies personnalités et des comportements distincts.
Pour le cadre, Gross s’est inspiré de la fameuse scène de la "Cantina" dans Star Wars - ce bar cosmopolite rempli de créatures extraterrestres au look extravagant. C’est ainsi qu’est né le Shufflepuck Café, peuplé d’adversaires hauts en couleur, chacun avec sa propre IA et ses propres mimiques. Un véritable bond en avant qui a transformé une simple simulation sportive en une expérience mémorable et pleine de personnalité !
Bienvenue au Café de l’espace !
L’écran titre de la version Amiga. Admirez ce lettrage néon digne des années 80 !
L’histoire est simple mais efficace : vous débarquez dans un café intergalactique qui ressemble furieusement à la Cantina de Star Wars (quoi, vous aussi vous avez remarqué ?). Dans ce bar spatial situé aux confins de la galaxie, l’activité principale n’est pas de siroter des cocktails aux noms improbables, mais de s’affronter au Shufflepuck, une variante futuriste du Air Hockey.
Le jeu est né d’un quiproquo amusant : Christopher Gross avait initialement l’intention de créer un jeu de table shuffleboard (vous savez, ce jeu où on fait glisser des palets sur une longue table), mais finalement, c’est un air hockey qui a vu le jour. Le nom "Shufflepuck" est resté, créant cette appellation hybride aussi étrange que séduisante.
Dans ce repaire de joueurs intergalactiques, il est maintenant de votre devoir de vous faire une réputation et pour cela, vous devrez affronter les meilleurs joueurs de l’établissement, tous plus excentriques les uns que les autres. Certains viennent de planètes lointaines, d’autres sont des robots, et quelques-uns sont même des références directes aux développeurs du jeu (leurs noms écrits à l’envers, subtil n’est-ce pas ?).
"Alors, qui sera ma prochaine victime aujourd’hui ?" (Spoiler : c’est généralement moi la victime)
Un gameplay simple mais redoutable
Le gameplay est d’une simplicité enfantine en apparence : tout se joue à la souris (ou au joystick/manette selon les versions). La zone dans laquelle vous pouvez déplacer votre raquette est bien délimitée, et le palet répond fidèlement aux mouvements de votre poignet virtuel.
Ne vous y trompez pas : derrière cette simplicité se cache une profondeur insoupçonnée. N’hésitez pas à faire des effets, à utiliser les rebonds sur les bords de la table, à varier la puissance de vos tirs... Toutes les astuces sont bonnes pour mettre en difficulté votre adversaire !
Il y a deux modes de jeu :
- Le mode entraînement : défiez les clients du bar un à un pour apprendre leurs points faibles
- Le championnat : affrontez-les tous à la suite pour tenter d’inscrire votre nom au tableau des légendes
Je recommande vivement de commencer par le mode entraînement, histoire de ne pas se faire humilier dès les premières minutes. Croyez-moi, j’en parle d’expérience ! (Combien de fois ai-je balancé ma souris à travers la pièce après m’être fait laminer par Biff ? Trop de fois...)
La galerie des monstres... euh, je veux dire des adversaires
Voici un petit tour d’horizon des joyeux drilles que vous allez affronter. Accrochez-vous, c’est tout un bestiaire !
DC-3
DC-3 est le robot serveur du café. Imaginez C-3PO mais en version barman et avec moins de plaintes existentielles. Ce droïde métallique ne participe pas au tournoi officiel - il est trop occupé à renverser des verres et à servir des boissons aux aliens.
Entièrement programmable, il peut être paramétré du niveau "ma grand-mère avec des moufles" au niveau "Terminator sous amphétamines". Je commence toujours mes sessions contre lui, histoire de me sentir intelligent pendant cinq minutes avant que les vrais adversaires ne m’humilient publiquement.
Skip Feeney
Skip est au Shufflepuck ce que le pain de mie est à la gastronomie : inoffensif et sans surprise. Ce petit humain d’une vingtaine d’années porte des lunettes si épaisses qu’elles pourraient résister à une attaque de Death Star. Ses mains tremblent tellement qu’on dirait qu’il vient d’avaler trois cafetières complètes.
Sa coordination œil-main est comparable à celle d’une girafe essayant de jouer du piano. Si vous perdez contre lui, je vous suggère d’aller jouer au Solitaire – et encore, je ne suis pas sûr que vous y excellerez. Skip est l’adversaire parfait pour les joueurs qui ont besoin de se sentir puissants après s’être fait écraser dans tous les autres jeux de leur collection.
Visine Orb
Ah, Visine ! Cet alien vert aux yeux de la taille de melons s’est manifestement trompé de carrière – il aurait dû être mannequin pour publicités de collyres. Visine est si petit qu’il doit se tenir sur un escabeau pour voir par-dessus la table, ce qui explique peut-être pourquoi il agite sa raquette comme s’il chassait des guêpes invisibles.
Son style de jeu est aussi prévisible qu’une machine à sous sous acide : totalement aléatoire. Ses services rebondissent dans tous les sens, comme si le palet avait développé une conscience propre et décidé de faire une crise d’adolescence en plein match. Ma stratégie contre lui ? Fermer les yeux et frapper en espérant le meilleur. Ça marche... parfois.
Vinnie "The Dweeb"
Vinnie est ce gars au bureau qui fait toujours exactement ce qu’on lui demande, ni plus, ni moins. Son surnom "The Dweeb" (le ringard) lui va comme un gant, car il joue au Shufflepuck comme un comptable remplit sa déclaration d’impôts : avec une précision méthodique et ennuyeuse.
Il est aussi expressif qu’une pierre tombale et ses coups sont aussi imaginatifs qu’un documentaire sur le séchage de la peinture. Pourtant, son jeu solide et sans faille fait de lui un adversaire étonnamment coriace. C’est contre Vinnie que j’ai appris que la constance ennuyeuse peut triompher sur la brillance instable (histoire de ma vie).
Lexan Smythe-Worthington
Lexan est ce qu’on obtient quand on croise un gecko avec un aristocrate britannique et qu’on lui donne un problème d’alcool. Ce lézard en smoking reçoit 30 000 crédits par an juste pour rester loin de sa planète natale – visiblement, même sa propre espèce trouve son accent insupportable.
Son grand talent ? Se saborder lui-même. Il commence chaque match avec la précision d’un chirurgien laser, puis célèbre chaque point gagné en sirotant son champagne. Vers la fin du match, il est si ivre qu’il voit probablement trois palets et deux adversaires. Ma tactique favorite ? Le laisser s’auto-détruire tout en l’encourageant à "fêter" chaque point. J’ai appris plus sur la patience stratégique contre Lexan que pendant toutes mes parties d’échecs combinées.
Eneg Doowtrop (Gene Portwood à l’envers)
Eneg, c’est ce que vous obtenez quand un cochon militariste divorce et décide de gérer sa crise de la quarantaine sur une table de Shufflepuck. Ce porc en uniforme se présente comme un général alors qu’il n’a probablement jamais commandé autre chose que des pizzas.
Son service est aussi subtil qu’un coup de pied dans une porte : une explosion de puissance brute qui vous fait regretter de ne pas avoir apporté un bouclier anti-missiles. Il frappe le palet comme si celui-ci lui devait de l’argent. Après des semaines à me faire humilier par ce jambon sur pattes, j’ai découvert sa faiblesse : les tirs rasants sur sa gauche. Comme quoi, même les porcs militaristes ont des angles morts... probablement la même raison pour laquelle sa femme l’a quitté !
Nerual Ttoille (Lauren Elliott à l’envers)
Nerual est ce que vous obtenez quand vous laissez un fantôme narcissique jouer au Shufflepuck. Cet être incorporel en robe a un ego si surdimensionné qu’il doit copier votre style de jeu... mais en "mieux". C’est comme jouer contre votre ombre si celle-ci était prétentieuse et légèrement plus forte que vous.
La particularité la plus perturbante de Nerual ? Il ouvre occasionnellement sa robe pour révéler un petit alien cyclope au niveau de sa poitrine, qui vous nargue ou grimace selon qu’il vient de gagner ou perdre un point. La première fois que j’ai vu ça, j’ai failli renverser mon soda sur le clavier. Après des défaites humiliantes, j’ai découvert que Nerual est complètement désarmé face à des balles lentes suivies d’un changement brusque de direction – un peu comme si vous montriez un paradoxe logique à un robot. Son cerveau fantomatique bug totalement, et soudain, ce "génie" devient aussi compétent qu’une méduse au basketball.
Princess Bejin
Bejin est la preuve vivante que même dans l’espace, les développeurs masculins des années 80 ne pouvaient s’empêcher d’inclure une "récompense visuelle" pour les joueurs. Cette princesse aux pouvoirs télékinésiques est le cliché ambulant de la "femme forte mais sexy" des jeux vidéo d’antan.
Son gimmick ? Faire léviter le palet par la seule force de son esprit avant de l’envoyer valser vers vous. Bien sûr, c’est de la triche flagrante, mais allez expliquer les règles du fair-play à quelqu’un qui peut probablement vous transformer en chaise par la pensée. Heureusement, elle trahit son coup par le son qu’elle émet – deux tonalités différentes qui indiquent la direction que prendra le palet.
Et oui, elle dévoile un peu son décolleté quand elle perd... Je jure solennellement que ce n’est PAS pour cette raison que j’ai passé des heures à perfectionner ma technique contre elle. D’accord, peut-être un peu. Ne me jugez pas, j’avais 14 ans quand j’y jouais !
Biff Raunch
Biff est ce qu’on obtient quand on fusionne un motard des Hell’s Angels avec un champion olympique de tennis de table et qu’on saupoudre le tout d’une personnalité insupportable. Ce colosse musclé au look de "bad boy" est le boss final, l’Everest du Shufflepuck, le cauchemar de tout joueur ayant des ambitions de grandeur.
Son service est si puissant qu’il pourrait propulser le palet à travers l’espace-temps. Il vous laisse environ une demi-seconde pour réagir – à peu près le temps qu’il faut à votre cerveau pour réaliser que vous allez perdre ce point.
Mais le pire, oh le pire, c’est son rire. Ce gloussement grave et moqueur qu’il lâche après chaque point gagné est si profondément irritant qu’il devrait être classé comme arme psychologique. Je me suis surpris à hurler sur mon Amiga à 3 heures du matin, pendant que mes parents se demandaient probablement s’ils n’auraient pas dû m’offrir un Monopoly à la place.
Son point faible ? Les tirs rasants sur son côté droit... en théorie. En pratique, il faudrait les réflexes d’un Jedi sous amphétamines pour les placer correctement. Après 35 ans, j’arrive parfois à le battre... quand les astres sont alignés et que j’ai bu exactement la bonne quantité de café.
Les petits secrets de Jörmungand
Notre ami Jörmungand, véritable légende du Shufflepuck (et non, ce n’est pas un pseudo inventé pour dissimuler mes propres astuces), partage généreusement ses techniques infaillibles pour surmonter les adversaires les plus coriaces :
Pour Lexan : "La patience est mère de toutes les victoires. Laissez ce lézard alcoolique s’auto-détruire à force de célébrer ses points. En début de partie, contentez-vous de ne pas trop vous faire distancer. Au fur et à mesure qu’il s’enivre, ses réflexes diminuent et c’est là que vous pouvez remonter et l’achever."
Pour Eneg : "Ce porc militaire a un énorme angle mort sur sa gauche. Faites-le jouer à droite puis décochez un tir croisé rapide le long du bois. Il ne verra rien venir, un peu comme sa procédure de divorce."
Pour Nerual : "Contre cet esprit en lévitation, l’astuce est paradoxale : jouez lentement ! Effleurez à peine le palet pour le faire avancer doucement. Quand il commence à se positionner, changez brusquement la trajectoire. Son algorithme de copie ne peut pas anticiper ce qu’il ne voit pas encore. Son esprit supérieur devient soudain aussi utile qu’une calculatrice sous l’eau."
Pour Bejin : "La princesse triche, mais trahit son jeu par le son. Écoutez attentivement avant son service : un son aigu signifie tir direct, un son grave annonce un tir croisé. Une fois que vous maîtrisez cette réception, alternez vos propres tirs entre gauche et droite pour l’empêcher de prendre le rythme."
Pour Biff : "Contre le champion, la recette est simple mais l’exécution diabolique. Son service part toujours à pleine puissance soit à droite, soit à gauche. Vous avez littéralement une demi-seconde pour voir de quel côté il va tirer et vous positionner. Pour marquer, rien ne passe sauf les tirs au ras du bois de droite (son côté gauche). Vous pouvez légèrement toucher le bois - ça passe mieux. Ignorez son rire provocateur, c’est une tactique d’intimidation psychologique digne d’un championnat d’échecs soviétique."
La magie derrière les pixels
La réalisation technique de Shufflepuck Café est particulièrement soignée, et c’est l’une des raisons pour lesquelles j’y reviens régulièrement. Tout est diablement efficace et précis, sans fioritures inutiles.
L’animation du palet est parfaite, donnant une sensation de physique réaliste et satisfaisante. Ajoutez à cela une petite main robotisée qui vient modifier le tableau d’affichage à chaque point marqué (détail charmant), et vous obtenez un jeu visuellement cohérent malgré sa simplicité apparente.
Mais ce qui fait vraiment le charme de ce jeu, ce sont les mimiques des différents adversaires. Leurs réactions quand ils marquent un point ou quand ils en encaissent un sont absolument hilarantes. L’éclat de rire de Biff quand il vous marque un point est particulièrement énervant - je me suis surpris plus d’une fois à insulter mon écran après l’avoir entendu !
Côté sonore, c’est encore une fois la simplicité et l’efficacité qui priment. Une seule musique est présente, au démarrage du jeu, mais elle est plutôt sympa. Pendant les parties, seuls le bruit du palet et les grognements divers des adversaires se font entendre. Les impacts des coups sont parfaitement rendus, et les rebonds sur les bandes latérales sont très satisfaisants.
L’effet le plus impressionnant reste sans aucun doute l’explosion de la vitre lorsqu’un but est marqué. L’animation en 3D fil de fer est remarquable pour l’époque, et l’effet sonore qui l’accompagne est saisissant. Cette sensation de "fracassement" lorsque le palet traverse votre défense ajoute vraiment à l’immersion et à la frustration !
Les différentes versions ont chacune leurs particularités. La version originale sur Macintosh, bien qu’en noir et blanc, a un certain charme minimaliste. Les versions Atari ST et Amiga bénéficient d’améliorations graphiques substantielles, avec notamment des barres latérales en bois du plus bel effet, œuvres de Gene Portwood et Lauren Elliott.
Un gameplay parfaitement calibré
La jouabilité de Shufflepuck Café est l’une de ses grandes forces. La raquette se dirige à la souris avec une précision chirurgicale, mais demande tout de même un peu d’entraînement pour trouver l’angle et la position de main idéale.
Les options de jeu sont particulièrement riches pour l’époque. Il est possible de modifier :
- La largeur de votre raquette (sans changer celle de l’adversaire)
- La puissance de frappe
- La force des rebonds sur les bandes latérales
Ces paramétrages permettent non seulement d’adapter la difficulté aux débutants, mais aussi aux joueurs expérimentés de régler finement la jouabilité selon leurs préférences.
Une option particulièrement intéressante est l’ajout d’une raquette mouvante au milieu de la table, qui la traverse de long en large. Cet obstacle mobile ajoute un élément stratégique supplémentaire : on peut s’en servir pour mieux tromper l’adversaire en faisant rebondir le palet dessus, mais elle peut aussi renvoyer brutalement celui-ci vers son point de départ. J’ai découvert cette option après plusieurs mois de jeu, et elle a complètement renouvelé mon expérience !
Le véritable tour de force de Shufflepuck Café réside dans la progression de la difficulté. La plupart des simulations sportives souffrent d’un problème récurrent : soit l’IA est trop facile et on s’ennuie, soit elle est trop difficile et on abandonne. Ici, les développeurs ont trouvé une solution brillante en créant des adversaires dont les forces peuvent fluctuer en cours de partie, selon divers paramètres parfois évidents (comme l’ivresse progressive de Lexan), parfois plus subtils.
Certes, les 4-5 premiers adversaires sont vraiment trop faciles, mais les suivants offrent un challenge parfaitement dosé. Et avec les options de personnalisation, on peut facilement ajuster la difficulté pour maintenir l’intérêt sur la durée.
Un petit tour des versions
Ce jeu mythique a été adapté sur de nombreuses plateformes, avec des résultats... variables.
La version NES est la seule à avoir un vrai décor
La version PC-98 avec ses couleurs chatoyantes
Sur SHARP X68000, Bejin triche encore plus ouvertement
La version originale sur Macintosh, en noir et blanc mais pleine de charme
La version DOS essaie de faire bonne figure malgré les limitations techniques
Sur Amstrad CPC, c’est... coloré, disons
Les versions Atari ST et Amiga sont quasiment identiques et offrent selon moi la meilleure expérience. La version Apple IIGS a un certain charme avec son affichage en noir et blanc. La version NES souffre d’une jouabilité approximative (essayez de jouer au Shufflepuck avec une croix directionnelle, vous comprendrez ma douleur). Quant à la version Amstrad CPC... disons simplement qu’elle fait ce qu’elle peut avec les moyens du bord.
La version PC-98 japonaise est étonnamment belle, tandis que la version SHARP X68000 est probablement la plus fidèle graphiquement à la vision originale.
Pour les experts : customiser votre partie
Vous pensez avoir fait le tour du jeu ? Vous croyez être un maître du Shufflepuck ? Ha ! Laissez-moi vous présenter le monde merveilleux des options cachées qui transformeront vos parties ordinaires en véritables défis d’élite.
Shufflepuck Café offre une panoplie d’options de personnalisation si diaboliques qu’elles feraient pâlir d’envie un créateur de niveaux de Dark Souls. Vous pouvez ajouter des "blockers" (des obstacles) de différentes tailles sur la table, transformant une simple partie de Shufflepuck en partie d’échecs tridimensionnelle avec rebonds.
Vous trouvez que votre raquette est trop petite ? Modifiez sa taille ! Vous voulez frapper comme Thor avec son marteau ? Augmentez la puissance de frappe ! Les rebonds vous semblent trop prévisibles ? Changez leur force et transformez la table en chambre d’écho chaotique !
Ma configuration préférée ? Une petite raquette (pour le challenge), des rebonds à puissance maximale, et une raquette mobile placé stratégiquement pour créer des angles impossibles. J’ai passé des soirées entières à expérimenter des configurations aussi sadiques que créatives. Rien ne procure plus de satisfaction que de voir Lexan, ivre mort, essayer désespérément de contourner la raquette que j’ai placé exactement dans sa zone de confort.
Un petit secret bien gardé
Voici un secret que je n’ai jamais révélé à personne (à part maintenant à quelques milliers de lecteurs) : certaines versions du jeu cachent une option de triche absolument scandaleuse. Un code secret vous permet de gagner ou perdre instantanément, d’ajouter ou soustraire cinq points, voire de remporter le tournoi d’un simple clic.
Est-ce que je vais vous dire comment l’activer ? Bien sûr que non ! Où serait le plaisir ? L’archéologie vidéoludique est un art qui se mérite. Disons simplement que cette option existe, quelque part, tapie dans l’ombre, attendant les joueurs les plus désespérés face au rire intolérable de Biff.
Et non, je n’ai JAMAIS utilisé cette option. Jamais. D’accord, peut-être une fois. Bon, plusieurs fois. En fait, chaque fois que Biff commençait à me narguer après trois points consécutifs. Je plaide coupable ! Mais essayez de rester zen quand un motard virtuel vous humilie avec un rire gras à trois heures du matin, et on en reparlera !
Conclusion
Shufflepuck Café est la preuve vivante qu’un concept simple (taper dans un palet) peut devenir magique avec les bons ingrédients : des personnages mémorables, une ambiance unique et un gameplay parfaitement calibré.
35 ans après sa sortie, je dépoussierre toujours régulièrement ma vieille disquette Amiga pour quelques parties. Ce rituel nostalgique se déroule généralement ainsi : je commence plein d’enthousiasme, je bats facilement les quatre premiers adversaires, je commence à me sentir invincible, puis Eneg ou Bejin me ramènent brutalement sur terre. Et invariablement, je termine ma session en me faisant humilier par Biff et son rire insupportable.
Certaines choses ne changent jamais. La terre tourne, les impôts augmentent, et Biff reste un cauchemar pixelisé qui continue de hanter mes nuits, 35 ans après notre première rencontre.
Mais c’est justement ça, la magie de Shufflepuck Café. Un jeu si simple en apparence mais si profond dans l’exécution qu’il vous donne toujours envie de tenter "juste une partie de plus". Un jeu qui a parfaitement capturé l’essence des affrontements d’arcade : facile à prendre en main, difficile à maîtriser, impossible à lâcher.
Alors, qui est prêt à relever le défi ? La table est dressée, le palet est prêt, et quelque part dans ce café intergalactique, Biff vous attend avec son sourire narquois et sa raquette meurtrière. Bonne chance, jeune padawan du Shufflepuck. Vous en aurez besoin !
Note personnelle : Si, par miracle, vous avez réussi à battre Biff sans tricher, je vous en supplie, contactez-moi. Après trois décennies et demie, ce type me donne encore des sueurs froides. J’ai besoin de votre sagesse, ô grand maître du Shufflepuck !
Ahah j'en connais un autre qui rage comme ça 😆 **a une pensée pour Staat**
Franchement, je ne connaissais pas mais c'est une belle découverte. Je le trouve super complet pour un jeu de cette époque. Et c'est complexe sans l'être. Faut pas avoir 2 de tension surtout ahah enfin ça dépend avec quel ennemi.
Je comprends que tu y retournes de temps en temps. Faudrait que je le choppe pour essayer.
J'aime bien la version Macintosh, c'est vrai qu'elle a son charme. Et Bejin est beaucoup plus classe sur Amiga.
J'ai connu la version Mac, mon papa était fan et moi aussi du coup 😊
Très belle propa, très détaillée, qui donne envie d'y jouer.
Je ne connais pas du tout, encore une découverte
https://store.steampowered.com/app/259510/Shufflepuck_Cantina_Deluxe/?l=french
Sinon j'ai une vraie question : t'as pas peur que ta vieille disquette te lâche un jour ? Y a encore des copies disponibles sur ces plateformes ?