Grim Fandango : le chef-d'œuvre du jeu d'aventure entre arnaques et révolution
Bienvenue à El Marrow, où la mort ne vous épargne pas… et où je fais carrière en arnaquant des âmes en peine.
Moi, c’est Manuel Calavera, ou Manny pour les intimes. Vous croyez qu’après la mort, c’est le repos éternel ? Ha ! Ici, c’est bureaucratie, corruption et ventes forcées. Mon job ? Refourguer des plans de voyage vers le Neuvième Monde aux âmes fraîchement décédées. Mais comme le système est pipé jusqu’à l’os, la majorité finit avec un bâton de randonnée et un "Bonne chance, amigo !" pendant que les morts bien connectés filent en train de luxe. Et moi, je touche ma commission.
Mais voilà, un jour, je croise Meche, une âme pure qui devrait avoir droit au meilleur voyage possible… sauf qu’elle se retrouve mystérieusement sans billet. Et comme je ne suis pas totalement pourri (juste un peu), je vais creuser pour comprendre pourquoi. Spoiler : ça pue l’arnaque à plein nez.
Et comme dirait Salvador Limones, mon contact révolutionnaire : "Viva la revolución !!!"
Un jeu d’aventure ambitieux et révolutionnaire
Sorti en 1998 par LucasArts, Grim Fandango est un jeu d’aventure qui a marqué son époque… tout en la dépassant un peu trop vite. Contrairement aux classiques point-and-click du studio (Monkey Island, Day of the Tentacle), ici, pas de souris pour interagir avec les objets. Manny se contrôle entièrement au clavier, un choix inspiré par les jeux d’action de l’époque et… franchement, pas des plus intuitifs.
Le jeu utilise le moteur GrimE, un dérivé de SCUMM adapté à la 3D, permettant des personnages modélisés en 3D sur des décors précalculés. Résultat ? Un style visuel incroyable pour l’époque, inspiré des films noirs des années 40 et du folklore mexicain. L’ambiance est renforcée par une bande-son jazzy composée par Peter McConnell, qui alterne entre morceaux élégants façon cabaret et rythmes latins endiablés.
Le souci ? À la fin des années 90, le marché des jeux d’aventure est en déclin. Grim Fandango, malgré des critiques dithyrambiques, se vend mal. LucasArts abandonne le genre, et Tim Schafer, le créateur du jeu, quitte le studio pour fonder Double Fine Productions (qui, des années plus tard, sortira Psychonauts et Brütal Legend).
Pourquoi j’ai recommencé ce jeu encore et encore
Parce que c’est un chef-d’œuvre, tout simplement. J’adore les personnages, chacun avec une voix inoubliable et une personnalité marquante. Manny est l’archétype du détective sarcastique, Meche est mystérieuse, Domino Hurley est le rival parfait avec son sourire suffisant, et Glottis… que dire ? Un démon mécano géant, obsédé par la vitesse, capable de pleurer de joie devant un moteur de course.
L’humour est brillant, mélangeant ironie et absurdité. Les dialogues sont ciselés, les références aux films noirs sont légion, et certaines situations sont devenues cultes.
Et puis, il y a les énigmes. Certaines sont géniales, d’autres sont… bon, disons que LucasArts avait un faible pour les puzzles bien tordus. Si vous avez déjà dû faire boire un pigeon de force ou comprendre que l’argile humide est la solution à tous vos problèmes, vous savez de quoi je parle.
Une résurrection bien méritée
En 2015, Grim Fandango Remastered débarque enfin sur PC, PS4, Xbox, Switch et mobile. Au menu :
- Graphismes améliorés, avec un éclairage dynamique et des textures plus nettes
- Bande-son réorchestrée, toujours aussi sublime
- Commandes modernisées (mais l’option classique est toujours là, pour les nostalgiques masochistes)
- Commentaires des développeurs, pour en apprendre plus sur la création du jeu
Et cette fois-ci, le succès est au rendez-vous. Le jeu est enfin reconnu comme un classique incontournable du jeu d’aventure, aux côtés de Monkey Island et The Longest Journey.
Une dernière bière avant de partir ?
Si vous aimez les univers uniques, l’humour noir, et les intrigues façon film noir, Grim Fandango est un must absolu. Certes, certaines mécaniques ont vieilli, mais son scénario, ses dialogues et ses personnages restent intemporels.
Et puis franchement, qui ne voudrait pas incarner un vendeur de voyage corrompu, embarqué malgré lui dans une conspiration bureaucratique de l’au-delà ?
Alors, laissez-vous embarquer. Même mort, on a encore des aventures à vivre.
Par contre, je suis heureux d'entendre dire qu'il y a eu un remaster et sur switch qui plus est. Si elle est à un prix correct, il y a des chances que je puisse me plonger une bonne fois pour toute dans ce jeu !
Les personnages ont l'air charismatique ce qui manque aujourd'hui.
Encore une série de jeu qui fait de moi un nullos en terme du retrogaming
Les personnages sont très charismatiques, très attachants. J'étais triste de l'avoir terminé.
Il n'était pas parfait mais c'était peu courant à l'époque de voir ce style de gameplay et de graphisme sur un point and click.
C'est pas mon préféré des "point and click" de LucasArts mais que de bons souvenirs.
Merci d'avoir remis en avant ce jeu