|SANTE MENTALE| - A force tout nommer, sommes-nous entrain de tout banaliser ?

Un article de Anachrone-52224
Publié le 21/09/2026
Dans la section #LIFE
Article public d'intéret général
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Conforme ou séditieux?

A force de parler de santé mentale, ne finissions-nous pas par produire l’effet inverse de celui que nous recherchons ?

La question est sensible, je le conçois. Je m’interroge sur cette problématique depuis quelques mois. Je suis Directeur d’un Service de Promotion de la Santé à l’Ecole (vous savez, les bilans de santé des élèves et tout et tout?) et mes pensées sur le sujet sont nombreuses.

Il ne s’agit évidemment pas de revenir en arrière. Pendant longtemps, la dépression, l’anxiété, le burn-out ou plus largement la souffrance psychique ont été minimisés, parfois même cachés. Il ne faut pas les glisser sous le tapis.

Pouvoir enfin mettre des mots sur cela est une avancée claire et nette.

Mais je me demande parfois si nous ne sommes pas passés d’un extrême à l’autre.

Aujourd’hui, nous parlons énormément de santé mentale. Nous apprenons à repérer les signes, à analyser ce que nous ressentons, à mettre des mots sur nos émotions. C’est utile !

Ne regardons-nous pas chaque période difficile comme le symptôme possible de quelque chose ?

👉 Etre triste n’est pas nécessairement être dépressif.

👉 Être inquiet ne signifie pas forcément souffrir d’un trouble anxieux.

👉 Être épuisé après une période compliquée n’est pas automatiquement un burn-out.

Et ainsi de suite.

Les mots nous aident à comprendre ce que nous vivons mais ils influencent aussi la manière dont nous le percevons.

L’attention que nous portons à un symptôme peut elle-même modifier la façon dont nous le ressentons.

Et puis, les autodiagnostics sont également une conséquence notable de la société. Pire, ils déforment même le sujet car des personnes vivent vraiment cela.

Rappelons qu’il existe des professionnel.le.s pour mettre les mots et accompagner les personnes qui vivent cela ou quelque chose d’apparenté.

Il ne faut donc certainement pas arrêter de parler de santé mentale. Ce n’est pas mon avis.

Peut-être faut-il simplement réfléchir davantage à la manière dont nous en parlons. Reconnaître la souffrance lorsqu’elle existe, permettre à chacun de demander de l’aide, sans pour autant transformer toutes les difficultés de l’existence en pathologies.

Malheureusement, à force d’utiliser ces termes pour désigner des situations qui ne relèvent pas réellement de cela, on risque surtout de desservir ceux qui en souffrent vraiment.

Lorsque j’étais prof, la plupart des élèves étaient censés être hyperactifs. Ensuite, ça a été HP... Aujourdhui, tout le monde est en burn-out. La société finit aussi par banaliser ces réalités et par considérer que ceux qui sont réellement concernés exagèrent simplement ce que, finalement, « tout le monde vit » d’une certaine façon.

Mes équipes sont un peu formée sur le sujet mais ne sont pas pleinement compétentes pour initier un véritable travail avec les enfants et les jeunes. On est là pour rediriger, mais on a parfois l’impression d’ouvrir des portes qui auraient peut-être dû rester fermées.

Donc comment trouver le juste milieu pour parler de ces sujets sans tomber dans l’autre extrême ?

Partagez-vous aussi ce sentiment dans la vie en général ?

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